Compte rendu de l’entretien avec la délégation des Pays Bas
Jeudi 7 Mai 2009 - Joël Frison, France Le Loc’h, Lydia Tixier, Florence Poirier
Dès le début de l’entretien se déroulant en Français, l’Ambassadeur souligne qu’après 8 années très difficiles depuis 2000 sous l’Administration Bush, l’arrivée d’Obama a totalement changé le climat international.
Ce changement s’illustre notamment par l’envoi d’un message du Président à la Prepcom, ce qui ne s’était jamais produit jusqu’à présent.
L’Ambassadeur salue notamment les avancées de l’Administration Américaine dans sa volonté de ratifier le TICEN ainsi que son attitude positive concernant le traité sur les matières fissiles.
Il salue également le discours d’ouverture de la Russie, plein d’espoir ;
Certains pays haussent le ton à la conférence, notamment les non-alignés car ils ont peur d’être attaqués par l’arme nucléaire et supportent de moins en moins cette menace potentielle.
Ces pays veulent voir progresser le désarmement, voir cesser la compétition en matière d’armement et surtout obtenir des assurances négatives de sécurité à savoir la garantie qu’un pays non doté ne fera jamais l’objet d’une attaque par un pays doté.
La France a à ce sujet une position que le représentant hollandais juge assez préoccupante, car elle n’est pas d’accord sur la possibilité de signature d’un traité juridiquement contraignant allant dans ce sens et ne semble pas s’interdire d’attaquer en premier un pays non doté avec sa force de frappe nucléaire en cas de conflit..
L’Algérie a fait à ce sujet une proposition concrète très intéressante.
Sur le problème difficile du Moyen Orient, il n’y a guère de progrès et l’Egypte en particulier se durcit vis à vis des puissances dotées.
Beaucoup de pays ont en fait l’impression d’être tombés dans une sorte de piège en signant le TNP.
Il faut prendre en compte les revendications légitimes de ces pays et temporiser vis à vis de l’Iran.
Concernant les modifications du traité START entre la Russie et les Etats Unis, la Hollande se félicite de ces avancées ;
Concernant les bases de l’OTAN en Europe, que certains pays européens ne souhaitent plus avoir sur leur sol, la hollande a une position très ouverte mais note que les Russes peuvent se sentir menacés par ces bases ainsi que par le projet de déploiement de boucliers anti-missiles en Pologne et en République Tchèque.
En revanche, il note l’attachement des anciens "satellites" de l’Union Soviétique à tout ce dispositif de défense installé par l’OTAN, dans leur crainte de voir revenir l’hégémonie de la Russie.
Il note cependant que l’Ambassadeur des Etats Unis auprès de l’OTAN semble favorable au retrait progressif des armes nucléaires en Europe, et il note que cet homme était le principal conseiller d’Obama durant sa campagne.
Pour le représentant de la Hollande, l’OTAN est une véritable organisation de sécurité.
Il est favorable à la construction d’une véritable défense européenne qui pourrait très bien se construire parallèlement à l’OTAN et permettrait de réaliser des économies sur l’ensemble des pays membres de l’UE qui mettraient dans un « tronc commun » leurs dépenses militaires.
Florence Poirier
Compte-rendu de la rencontre avec le représentant de la Grande-Bretagne

Mardi 5 Mai - Il commence tout d’abord par nous révéler son inquiétude quant à l’élection de l’ambassadeur du Zimbabwe en tant que président de la 3ème session du comité préparatoire en prévision de la révision de 2010, étant donné les conflits récents entre le Zimbabwe et la Grande Bretagne.
Touche plus optimiste : tous les représentants accueillent avec joie les accords passés entre Obama et Medvedev, ce qui crée un élan positif et motivant au bon déroulement du TNP.
Par rapport au nucléaire, pour lui, le TNP montre le moyen d’arriver à un monde avec zéro arme nucléaire, et « la convention» le fixe. Si on adopte la convention de manière universelle, cela donnera du pouvoir à l’élaboration du TNP : on doit avancer ensemble mais attention : en aucun cas la convention ne devrait être incluse dans la compétition du TNP car la convention ne remplace absolument pas le TNP.
Il en vient à présent au statut d’Israël et là, utilise la qualification d’« impasse». Il souligne qu’Israël ne peut entrer dans le TNP qu’en étant un pays non doté de l’arme nucléaire et là on voit bien qu’à ce niveau là ça bloque !
A propos de la politique de Sarkozy ; ce représentant met en évidence le discours assez positif, l’année dernière, en matière de réduction des têtes. Il évoque lui aussi le principe de dissuasion en ajoutant le fait que celui-ci ne demeure pas seulement dans l’arme même, sous-marins, missiles etc.…mais fait également appel à la peur et tout ce qui s’en suit. Pour lui, la dissuasion est aussi psychologique. Il complète par une petite parenthèse : la France en tant qu’EDAN possède ces «armes de dissuasion» et ces armes il faut bien évidemment les entretenir…
L’autre point important pour lui, c’est que maintenant que la France est dans l’OTAN, elle va avoir autant d’obligations que les autres membres. Exemple : la France envoie aujourd’hui ses troupes en Afghanistan au nom des Etats-Unis. Et fait remarquer un élément essentiel : la dénucléarisation est liée à l’OTAN, donc si l’Europe dénucléarise, elle sera contrainte de sortir de l’OTAN. Stratégiquement parlant, l’OTAN en Europe est, pour les Etats-Unis, le moyen de faire face au bloc soviétique.
Il cite également le dessein récent de la Corée du Nord qui était de faire ses essais hors de son territoire et pour cela, devait donc sortir du TNP pour ne plus être contrôlée par l’AIEA. Elle n’a heureusement pas obtenu la signature.
Pour finir, il nous donne rendez-vous vendredi midi pour une présentation du programme de la Norvège sur la question : comment les états ont-ils véritablement désarmé ?
Ines Benadjaoud
Compte rendu de l’entretien avec le représentant du Mexique
Lundi 4 mai – 17 h. Nous rencontrons à la sortie de la séance plénière le représentant du Mexique et son assistante.
Il rappelle tout d’abord que le Mexique ainsi que l’Amérique Latine ont été pionniers dans le domaine du désarmement avec la signature le 14 février 19687 du traité de Tlateloico visant l’interdiction des armes nucléaires en Amérique Latine et dans les Caraïbes, traité entré en vigueur le 22 avril 1968.
Il se déclare ensuite très optimiste quant à la poursuite du processus du TNP notamment suite au discours de Prague du président Obama.
Il pense également que le rôle du président français est positif sur le plan du désarmement.
Il nous explique ensuite que la coïncidence entre le fait d’être à la fois membre du conseil de sécurité de l’ONU et pays doté de l’arme nucléaire (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie), assimile dans l’esprit de nombreux pays la puissance au fait de posséder cette arme et suscite une sorte de « convoitise ».
C’est notamment le cas pour l’Iran et la Corée du Nord. Concernant ce dernier pays, il considère que les sanctions économiques sont inutiles. Il ne pense pas que ce pays soit réellement dangereux, qu’il s’agit plus de « fanfaronnades » et de provocations destinées à attirer l’attention.
Pour ce qui est de l’OTAN, il pense que cette structure est anachronique et n’a plus lieu d’être après la disparition du pacte de varsovie.
De plus, l’existence des bases de l’OTAN, notamment en Allemagne et en Italie constitue une violation du TNP.
Le Mexique appuie la convention d’élimination des armes nucléaires proposée par la Malaisie et le Costa Rica
Concernant le TICEN, le Mexique souhaite un amendement de l’annexe II permettant son entrée en vigueur, malgré l’absence de ratification de certains pays.
Il est également favorable à une plus grande transparence quant au contrôle de l’arsenal des pays dotés.
Il pense aussi qu’une dénucléarisation de l’Europe serait une étape décisive dans une dénucléarisation du monde entier, souhaitée depuis toujours par le Mexique.
Florence C. et Abdoulaye B.
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