Liliane Bettencourt annonce son retrait des affaires au profit "des plus faibles" et de "la paix dans le monde"
(POISSON D'AVRIL) - Dans une annonce qui a stupéfait le monde des affaires, la femme la plus riche du monde vient de décider son retrait "sans délai". Tous ses avoirs devraient être cédés incessamment au plus offrant. "Ce n'est pas une mesure cosmétique", déclare l'héritière du groupe l'Oréal. "Certains juges, qui se croient gentils, racontent qu'on peut abuser de ma faiblesse. J'en ai eu assez, d'ailleurs il faut soutenir les faibles et les opprimés et j'ai décidé de me consacrer pleinement à ma Fondation humanitaire."
Certaines sources bien informées déclarent que Mme Bettencourt s'est opposée vigoureusement à la guerre au Mali depuis une discussion avec sa femme de chambre. Elle aurait aussi été attentive à l'appel du pape François lors de la messe de Pâques, déclarant même : "Il y a d'autres François qui devraient en prendre de la graine s'ils veulent qu'on les invite aussi à la maison".
Depuis, son personnel de maison affirme qu'elle se consacrera toute entière à la cause de la paix dans le monde après avoir fait don de sa fortune à son chauffeur, à son majordome, et à l'association des anciens Présidents de la république nécessiteux.
Sa fille Françoise Bettencourt, qui avait demandé sa mise sous tutelle en 2008 avant de se réconcilier, a déclaré : "Je suis pour la liquidation du groupe pour un Euro symbolique. Ma mère pourra enfin quitter le champ médiatique pour se consacrer à ses passions. C'est pas parce qu'elle est milliardaire qu'elle n'aime pas les pauvres. Elle est encore jeune et vigoureuse, vous savez".
Le 4 juillet 2012 : le Président de la République sur Le Terrible, le Ministre de la défense à l'Île Longue, et le Mouvement de la Paix devant la base de l’Ile Longue
Extraits de Ouest-France du 5 Juillet 2012
« Au Président Le Terrible et à son ministre de la Défense Le Triomphant. La Force océanique stratégique (FOST) n'en demandait pas tant.
Non seulement, pendant la campagne électorale, le candidat Hollande avait sanctuarisé le rôle de toutes les composantes de la dissuasion nucléaire française (sous-marine et aérienne), mais il a affirmé, hier, son rôle de chef de la dissuasion en plongeant à bord d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) qui rentrait de mission. Une plongée, au large de Brest, qui a permis au chef de l'État d'assister à une simulation d'un tir de missile M-51 et de bavarder avec l'équipage du SNLE Le Terrible qui bouclait une patrouille de 64 jours. C'était la première plongée d'un président de la République depuis 1974, année qui avait vu Valéry Giscard d'Estaing jouer au sous-marinier.
Le Ministre a précisé que ces visites concomitantes se voulaient « un acte fort », un signe que « la France affirme sa souveraineté dans un monde instable aux risques nombreux ». Jean-Yves Le Drian a aussi estimé que la force de dissuasion française était « au niveau de suffisance [...], pas plus, parce que ce serait une position agressive ».« C'est un des fondamentaux de notre vivre-ensemble. C'est notre sécurité. Le contexte est peut-être différent mais le principe reste le même. C'est une composante de la paix », a ajouté le ministre de la Défense pour qui le débat sur la question de la dissuasion nucléaire« est permanent ».
Ce n'était pas l'avis de la quarantaine de manifestants du Mouvement de la paix, qui l'attendaient à la sortie de l'ile longue et qui n'ont pu le rencontrer.
Et le débat sur la dissuasion, dont le concept était né en pleine guerre froide ? « Il est permanent », selon Jean-Yves Le Drian. « Il y a l'Assemblée nationale pour cela. Et il va y avoir le Livre blanc sur la Défense. » Force est de constater que peu de députés se sont jamais hasardés sur ce sujet... « Je pense qu'il y a un consensus politique assez large en France en faveur de la dissuasion », a conclu le ministre de la Défense. Fin des citations.
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Le collectif Bretagne du Mouvement de la Paix qui appelait à se rassembler devant la base de sous-marins a réagi aux déclarations du Président de la république et du Ministre de la défense selon lesquels il y avait un consensussur la dissuasion nucléaire dans les termes suivants : « Non il n'y a pas consensus en France ni sur la dissuasion, ni sur le programme M 51 ni sur le bouclier antimissiles. Il ne peut y avoir consensus puisqu'il n'y a même pas débat. Par contre il y a un fossé entre l'opinion publique et les points de vue exprimés par le Ministre de la défense et le Président de la République puisque le dernier sondage de l'IFOP en la matière indique que 81 % des français sont favorables à ce que la France soutienne la mise en place d'une convention internationale d'élimination des armes nucléaires. La mise en place de cette convention ne serait d'ailleurs que la stricte application du droit international et en particulier de l'article 6 du TNP. Un véritable acte fort aurait été d'annoncer le gel du programme M 51. Une telle annonce aurait eu un retentissement international considérable, en particulier auprès des 146 Etats qui aux Nations Unies soutiennent cette convention (75 % des Etats du monde) »
Enfin le collectif a déclaré : « Au moment où le Gouvernement nous annonce qu’il faut d’urgence trouver 10 milliards d’Euros pour le budget 2013, il y a là à terme plusieurs dizaines de milliards disponibles en renonçant à la modernisation illégale des armes atomiques françaises ».
Une mère de soldat écrit à Nicolas Sarkozy et aux candidats à l'élection présidentielle
Madame, Monsieur,
Il y a 8 ans maintenant, mon fils s'est engagé dans l'armée. C'était son choix, et malgré les difficultés qu'une mère peut avoir à l'accepter, à le comprendre, je l'ai respecté.
A ce jour, alors qu'il est annoncé depuis trois ans le retrait des troupes d' Afghanistan, il est prévu qu'il y retourne dans le courant de l'année.
Il y a encore peu de temps, à nouveau de jeunes soldats ont été tués, et des familles sont aujourd'hui et pour toujours dans la peine et la souffrance de la perte d'un être cher, qui avait encore toute la vie devant lui. A la nouvelle de ce nouveau massacre, à nouveau un engagement a été pris par M. Sarkozy pour le retrait des troupes ; mais il n'en est rien, c'est à nouveau un mensonge !
Lorsque 300 soldats rentrent en France, d'autres sont envoyés immédiatement. Mon fils est actuellement en entrainement pour y retourner.
Alors, en tant que mère, mais aussi en tant que citoyenne française, permettez-moi de vous poser ces quelques questions :
- Existe-t-il une raison valable qui puisse amener un gouvernement - quel qu'il soit - d' envoyer des jeunes au "casse pipe" ;
- N'existe-t-il pas un moyen plus intelligent d'aider les civils Afghans ?
- Est-ce qu'une vie a plus de prix qu'une autre ?
- Est-ce vraiment humain et justifiable de se servir de vies humaines pour de tels "objectifs", qu’ils soient politiques ou "économiques" ?
- Saurez-vous prendre et tenir l'engagement de retirer les troupes d'Afghanistan ?
- L'armée ne pourrait-elle pas être utile ailleurs dans des actions réellement humanitaires ?
- Avez vous vraiment l'objectif de gérer cette situation autrement ?
Aujourd'hui, alors que l'Europe est en pleine crise, que la France est au bord de la faillite, on impose aux Français des restrictions budgétaires inacceptables alors que le budget de l'armée devrait être le premier à être révisé !
Aujourd'hui, de nombreuses familles n'arrivent plus à subvenir à leurs besoins quotidiens, c'est intolérable !
Au-delà du fait qu'une vie n'a pas de prix, envoyer des troupes françaises à l'étranger coûte très cher aux Français, cet argent pourrait être utilisée ailleurs, ne le pensez-vous pas ?
Rien ne pourra jamais justifier la mort d'un être humain.
Aussi, c'est au nom de toutes ces familles françaises, ces mères, ces femmes, ces enfants qui se taisent, qui subissent en silence dans l'espoir de ne pas perdre un des leurs, que je parle aujourd'hui.
Dans l'espoir que ma requête soit entendue, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes respectueuses salutations.
Mars 2012
La paix enfin au goût du jour et au centre des volontés
La première décennie du XXIe siècle a fait moins de victimes qu'aucune des décennies du siècle dernier mais des foyers de fort conflit demeurent dans le monde, et les technologies militaires actuelles sont aptes à ruiner «des milliards d'années d'évolution». En 2012, il faudra remettre la paix au goût du jour.
Par Pierre Villard, président du Mouvement de la paix.
Pour beaucoup, l'année 2011 aura été marquée par une irruption des peuples sur la scène politique. Mais quelle connaissance exacte avons-nous de cette réalité? Ce doute renvoie à notre capacité d'avoir accès à une information indépendante, permettant aux citoyens de disposer d'éléments fiables, nécessaires à notre jugement et à notre capacité d'analyse. Il en va ainsi de l'appréciation des guerres et des foyers de violence, dont les études montrent que la première décennie du XXI° siècle a fait moins de victimes qu'aucune des décennies du siècle précédent. Mais prenons garde, si l'on tue peut-être moins aujourd'hui, le monde n'en est pas devenu pour autant pacifique, ni pacifié. Ainsi, avec les armes de destruction massive, l'homme a atteint la capacité de s'autodétruire et de remettre en cause des milliards d'années d'évolution. La paix demeure un enjeu contemporain qui conditionne de nombreuses avancées sociales et sociétales. En 2012, la paix ne se pensera pas, elle sera action et construction, ou ne sera pas. Plus que jamais la paix est un défi culturel posé à l'humanité.
Les tensions sociales et les déséquilibres internationaux sont grands. Les pratiques de violences politiques, économiques, sociales et guerrières montrent leur inefficacité. Elles rendent la sécurité des peuples précaire. La crise est alimentée par des dépenses militaires qui atteignent le record mondial indécent de 1630 milliards de dollars (+ 92 % depuis 2002, source SIPRI). Cela favorise un dangereux et inadmissible commerce des armes. Pourtant, d'après le PNUD, 80 milliards de dollars par an sur 10 ans suffiraient pour résoudre les grands problèmes auxquels est confrontée l'humanité. Trop de solutions s'appuient sur le principe du bouc émissaire, une théorie qui mène aux guerres et aux violences.
La barre des défis est donc très haute pour les pacifistes. La forte recherche d'alternatives ne peut faire abstraction d'intégrer la culture de la paix dans les champs de l'émancipation humaine. La culture de paix est un moteur de transformation sociale, de nature à répondre à ces défis. Comment prétendre transformer le monde sans dénoncer le gâchis des dépenses militaires ni agir pour la réduction des budgets militaires, responsables - eux aussi - de la dette de nombreux États? Comment changer le monde sans remettre en cause la hiérarchisation de la planète par la possession de l'arme nucléaire par quelques États qui tiennent entre leurs mains notre menace quotidienne?
Droit de protection des populations, dissolution de l'OTAN, conditions d'un Afghanistan libre, souverain et démocratique, zone exempte d'armes nucléaires au Proche et Moyen-Orient... les champs de réflexion et d'action des pacifistes sont nombreux. Ces acteurs du mouvement social entendent aussi tenir leur place dans le débat de 2012 en France. La paix est indispensable à l'action publique, il y a donc nécessité de redoubler d'efforts pour rendre lisible et visible cette revendication humaine. C'est le sens des «Exigences citoyennes pour la culture de la
paix, du quartier à la planète», qui serviront de base revendicative pour des rencontres citoyennes au cours desquelles l'ensemble des forces politiques seront amenées à faire part de leurs analyses et de leurs engagements. Les 24 et 25 mars, les citoyens sont invités à se mobiliser afin d'exiger des engagements pour l'abolition de l'arme nucléaire et la diminution de 10% des dépenses militaires dès 2013. L'arrêt du programme de renouvellement des missiles nucléaires français serait un plan de rigueur efficace.
La construction d'un avenir partagé et durable entre les peuples appelle des réponses humaines et solidaires, basées sur la satisfaction des besoins sociaux, le développement d'une vraie démocratie active et la mise en oeuvre de tous les droits humains. Les défis que doit affronter le monde exigent de changer de logique, de passer d'une culture de la guerre, de la domination et du chacun pour soi, à une culture de la paix, de la solidarité et du droit. La planète est en danger, osons la paix. Contribuons à ouvrir la voie à une civilisation de paix.
L’Humanité Dimanche du 5 au 18 janvier 2012
La Grande Braderie
Le matériel militaire, contrairement au pinard, ne prend pas de la valeur avec l’âge. Faut donc gérer ce qu’on appelle la « fin de vie » de ces équipements, ne rien stocker, démanteler un minimum, brader, savoir s’en séparer au bon moment. Pour l’armée française, voilà une révolution culturelle en marche.
Le vide-grenier
Si les armées se retrouvent avec beaucoup d’armes sur les bras, certaines sont mieux outillées que d’autres pour recycler leur quincaillerie. Prenons nos voisins Allemands : sur les 1.650 chars qu’ils avaient alignés, ils sont parvenus à céder plus de 1600 et 10 d’entre eux ont été cédés à des musées. Pour les sous-marins, nos voisins ont vendu leurs vieux U-206 – qui avaient 40 ans de service derrière eux – à la marine thaïlandaise en faisant valoir que c’était le moins cher sur le marché.
Et les Britanniques ? Ils disposent d’un organisme étatique la Disposal Sales Agency (DSA), doté du statut d’agence depuis 1994. La DSA publie ‘on line’ l’état du stock de matériels à vendre, leur prix de vente, ce qui permet à tout acheteur de passer commande. 87 bâtiments et 202 bâtiments auxiliaires – d’occasion ! - ont ainsi été cédés à des pays ‘amis’ depuis 1990.
La marine espagnole démilitarise ses navires et les met en vente aux enchères sans
nécessairement les dépolluer. Les bâtiments militaires norvégiens sont vendus à
des prix symboliques ou carrément donnés à d’autres pays.
Et nous Français, qu’est ce qu’on attend pour exposer nos gadgets sur ebay ?
Tout doit disparaître !
Les clients ne manquent pas. Y en a toujours qui sont à l’affût de quelque missile et disposés à faire leurs courses dans ce bazar, à défaut de pouvoir s’approvisionner aux Puces de Montreuil. Que vous soyez collectionneur ou trafiquant, c’est l’embarras du choix : sont à votre disposition plus de 200 chars lourds , 800 VAB “dégagés” d’ici à 2015. Outre les blindés, des tubes de 155 mm, une centaine de mortiers de 120, 27 hélicoptères légers Gazelle, bref, l’Etat-Major des Armées a recensé entre 2010 et 2015 : 40 navires, 130 hélicos, 150 avions, 1500 engins blindés, 15.000 camions et véhicules comme matériels « potentiellement cessibles ». Qui dit mieux ?
Avec un catalogue pareil, la France doit pouvoir être au hit-parade de cette braderie internationale. Il lui faut juste recycler son mode de pensée. Tout d‘abord, faire en sorte que les matériels d’occasion ne soient pas soumis aux mêmes règles que les équipements à démanteler. Il faudrait ainsi mater cette surenchère écolo, - le syndrome Clémenceau – ou, comme l’écrit le député Michel Grall, éviter « une application excessive des normes environnementales ».
Ecouler davantage n’est pas un long fleuve tranquille : le nombre de conflits est limité. Mais la France peut se consoler d’être très présente sur de nombreux théâtres d’opération extérieure, les OPEX. Voilà des occasions idéales pour se débarrasser de certains équipements : on les cède au pays hôte, et ce genre de petits cadeaux n’a pas de prix : se faire des amis, c’est prospecter des clients potentiels. Et la générosité a d’autres atouts : elle permet de s’épargner les coûts de rapatriement du matos vers la France.
Revoir son catalogue, en fonction de la demande, est un impératif stratégique. Eh oui, il y a tout simplement une ribambelle de pays, petits et grands, solvables ou non, qui préfèrent s’approvisionner sur le marché d’occasion. Tout le monde ne veut pas emprunter la voie des Emirats Arabes Unis qui ont misé sur des chars Leclerc flambant neufs (400). Les Roumains snobent le Rafale, et lui ont préféré les vieux F-16 américains. Les Français ont tort de vouloir percer dans le haut de gamme. Regardons le Brésil : il a récupéré le porte-avions Foch, rebaptisé le Sao Paulo, qu’il a acquis en 2000.
L’avantage de ces ventes au rabais est rentable car stocker coûte cher. Selon la loi de finances, le coût du MCO ou « maintien en condition opérationnelle » d’un char Leclerc, par exemple, s'élève à plus de 110 millions d'euros par an. Et faire du gardiennage pour les autres n’est pas rentable non plus, y compris la facture que représente depuis 20 ans la trentaine de chars AMX 30 que les Chypriotes ont commandée et qu’ils n’ont toujours pas réceptionnée.
La fin de vie du nucléaire
Pour les équipements nucléaires, c’est une autre histoire. On ne peut pas jongler avec les « dates de péremption » de ces équipements-là. La durée de vie moyenne pour les têtes nucléaires est de 20 ans, pour les chaufferies de 30 ans et pour les installations de 40 ans. Contrairement aux recettes d’EDF pour les centrales nucléaires civiles, pas question de tricher en proposant des rallonges. Il vaut mieux éviter de solder, et songer sérieusement au démantèlement. Les Britanniques disposent de 25 bâtiments qui vont rouiller à partir de 2016. Les Français vont avoir les mêmes casse-têtes avec les 6 SNLE retirés du service. Au ministère de la Défense, nul ne semble avoir anticipé un financement pour la dé-construction des coques raboutées des sous-marins nucléaires. On ne peut pas penser à tout !
Ben Cramer – Charlie Hebdo n°992 – 22 juin 2011
Le nucléaire civil au garde-à-vous
Coup de tonnerre dans le ciel européen : l'Allemagne en rajoute dans le principe de précaution et décroche du nucléaire. Les Allemands se libèrent pour une raison majeure, ils ne sont pas plombés par la bombe, contrairement à la France. Explications.
Comparons ce qui est comparable. La France n'est pas l'Allemagne ou le Danemark. Pour ceux qui n'auraient pas capté le contraste, le renoncement au nucléaire est une recette pour Andorre ou le Liechtenstein, des micro-États qui «ne comptent pas », ou des nations comme l’Autriche ou la Suisse - qui seront un jour les Costa Rica du continent -, mais pas pour la France. Regardons autour de nous: tous les pays qui ferment leurs centrales ou les mettent sur la touche - Italie comprise - n'ont pas de programme nucléaire militaire. Bref, derrière les 58 réacteurs de l'Hexagone, capables de fournir de l'électricité à tout va, se pointe fièrement une puissance nucléaire militaire. Avec notre infrastructure qui marie le civil et le militaire quand ça l'arrange, on ne va tout de même pas se laisser impressionner par des civils qui voudraient changer la donne. Avis aux populations : les enjeux ne sont pas é-ner-gé-ti-ques. Arrêtons d'expliquer aux gens que les énergies renouvelables sont plus rentables. Paris s'en fout.
Anne Lauvergeon, d'Areva, a-t-elle raison de dire que c'est une «affaire stratégique»? En tout cas, le choix de telle énergie ou de telle technologie tient à la fois aux ressources disponibles, à la culture, à l'histoire et aux options en matière de défense. Certains de nos compatriotes vantent-ils les atouts du nucléaire pour réduire le C02 ? Soit. Outre-Rhin, on valorise les énergies qui évitent le recours à des liquidateurs, qui nous épargnent l'anticipation subtile d'un accident majeur. Bref, des énergies pacifiques. Mais il faut croire que la paix n'a pas les mêmes résonances ici et là.
EXCEPTION FRANÇAISE
Dans l'inconscient collectif français, tout ce qui relève du nucléaire est synonyme d'indépendance nationale. De l'autre côté du Rhin, on n'a jamais été tenté, ni séduit, par la bombe, car ces armes, étrangères, limitaient la souveraineté. Aucun Allemand n'oserait s'exclamer en son âme et conscience «vive la bombe! ». En France, c'est légal, Abandonner le nucléaire, pour certains de nos concitoyens mâles, c'est se couper les couilles, ou du moins ne pas en avoir. MAM, lorsqu'elle était à la Défense, expliquait que désarmer, c'est «se coucher» devant l'ennemi, se retrouver « tout nu», pour ne pas dire «impuissant», face à ceux qui voudraient s'en prendre à nos «intérêts vitaux». À l'heure de l'affaire DSK, où l'indéfendable se défend, c'est édifiant. Chez nos voisins, l'atome fut un mal nécessaire, une retombée d'une guerre froide qui a failli mal tourner. D'ailleurs, depuis 2005, Berlin réclame au Pentagone qu'il arrête de squatter les bases aériennes, hier de Ramstein, aujourd'hui de Büchel, où s'affairent encore quelques bombardiers Tornado qui embarquent des têtes nucléaires made in USA.
Les options dépendent-elles des ressources? Évidemment! Entre deux voisins qui savent capter le soleil et dompter le vent, l'un dispose d'ex-colonies assez dociles pour pomper de l'uranium dans le sous-sol, l'autre pas. Le handicap de l'un est un atout pour l'autre et réciproquement. Grâce à la décision d'Angela Merkel, Berlin ne va pas marcher sur nos plates-bandes en matière d'exportations et de transferts de technologie. Nous avons donc les moyens de valoriser nos acquis atomiques. Le surarmement énergétique et son gaspillage s'allient admirablement avec le surarmement tout court. Ce n'est donc pas le moment de convertir nos sous-marins en bateaux de plaisance.
Grâce à la décision allemande, l'exception française revient en force. Nous avions déjà un PC qui vante l'efficacité et la sûreté du nucléaire civil tant qu'il n'est pas privatisé à la TEPCO. Nous avons une gauche et une droite qui vénèrent l'impartialité du CEA, capable de veiller sur les centrales comme Allègre veille scientifiquement sur le climat. Nous allons être capables de « sécuriser » les zones vulnérables autour des centrales, des sites d'enrichissement, de retraitement et de déchets. Nous avons désormais la certitude que l'armement nucléaire remplit aussi la fonction - inespérée - de maintien d'un certain ordre…
Ben Cramer – Charlie Hebdo n°990 – 8 juin 2011
Non à la loi Besson et à la xénophobie
Communiqué commun - Le 3 mars 2011
Les organisations soussignées qui, réunies dans le Collectif « Non à la xénophobie et à la politique du pilori », ont mobilisé le 4 septembre 2010 plus de cent cinquante mille citoyennes et citoyens, appellent à des rassemblements dans toute la France mercredi 9 mars (à Paris, à 18h30, place Edouard-Herriot, à côté de l’Assemblée nationale) contre la « loi Besson », qui traduit en actes l’orientation xénophobe du « discours de Grenoble ».
Le nouveau cas de déchéance de nationalité discriminant les Français d’origine étrangère, le déni de droit d’asile par la création de « zones d’attente fictive », l’allongement de la durée de rétention et les entraves au contrôle du juge, la mesure de bannissement sous la forme d’une « interdiction de retour », la chasse aux Roms et aux étrangers malades, la mise en place d’un internement administratif de très longue durée de « présumés terroristes » aggravent la politique de la peur et du rejet, qui fait des étrangers des boucs émissaires alors qu’ils vivent ici, travaillent ici et partagent notre vie de tous les jours.
Nous soutenons pour cette raison le mouvement des travailleuses et travailleurs sans papiers en grève pour leur régularisation, et demandons que les gouvernants respectent les textes et les engagements pris.
Nous appelons l’ensemble des forces démocratiques à exiger qu’au lieu de faire des étrangers les cibles d’une politique discriminatoire, les gouvernants actuels, qui n’ont que trop coopéré avec les despotes dans la chasse aux migrants, répondent enfin à l’urgence de solidarité internationale avec les peuples libérés sur l’autre rive de la Méditerranée.
Ce monde n’a pas besoin que des lois renforcent les peurs et les haines xénophobes, il a besoin que des politiques ouvertes sur l’avenir fassent triompher les valeurs universelles qui doivent être celles de la République : celles de la démocratie, de l’égalité en droits et en dignité des êtres humains, de la liberté pour tous les peuples.
54 organisations signataires :
AC !, Acort, Actit, ADDE, Les Alternatifs, Asdhom , Arac, ATF, ATMF, Attac, CGT, Cimade, Collectif l’égalité d’abord, Collectif La journée sans immigres : 24h, Comede, Cran, Crid, Dal, Droit solidarité, Emmaüs France, Emmaüs international, Euromarches, Europe Ecologie, Fase, Fasti, Fédération Sud éducation, Fédération générale des PEP (FG PEP), Fondation Copernic, France terre d’asile, FSU, FTCR, Gauche cactus, Gauche unitaire, Gisti, Ligue des droits de l’Homme, Mrap, Mouvement de la paix, Parti de Gauche, Parti socialiste, PCF, PCOF, République et Socialisme, RESF, Sos racisme, Organisation Femmes égalité, SAF, SNESUP-FSU, SNJ-CGT, Syndicat de la magistrature, Ufal, Unef, Union juive française pour la paix, Union syndicale Solidaires, USP.
Appel pour une intervention solidaire de l’Union européenne en Méditerranée
Alors que des changements politiques majeurs, annonçant la fin de régimes autoritaires, sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’Union européenne se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Les experts et les services diplomatiques, qui n’ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens.
La France a adhéré au Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), traité entré en vigueur en 1970 et aujourd’hui quasi universel . Seuls l’Inde, Israël et le Pakistan ne l’ont pas signé et la Corée du Nord s’en est retirée en 2003.
Par sa signature, la France s’est engagée à ne fournir une aide dans le domaine du nucléaire civil qu’aux seuls pays signataires de ce traité.
La France renierait donc ses engagements en vendant une centrale nucléaire à l’Inde, pays non signataire du TNP.
Notre France, comme dit le poète, devient avec Sarkozy un pays qui ne respecte pas ses engagements, une France pilotée par la seule recherche de l’argent.
Communiqué du comité de Bourges et du Cher du Mouvementde la Paix, le 5 décembre 2010
Conducteurs d'armes nucléaires en état d'ébriété
Dépêche du 22 novembre 2010 - WASHINGTON - Les agents du gouvernement américain responsables du transport d'armes nucléaires et de certains composants s'enivraient parfois lors de leurs missions, a révélé un rapport déposé lundi par le chien de garde du département de l'Énergie.
En tout, 16 incidents reliés à la consommation d'alcool impliquant des agents ou des employés de l'Office of Secure Transportation (OST), l'organisme fédéral qui veille au transport sécuritaire du matériel nucléaire, ont été répertoriés entre 2007 et 2009.
Le rapport fait état de deux incidents qui sont particulièrement préoccupants puisqu'ils ont eu lieu pendant des «missions de transport sécuritaire», des affectations de plus longue durée pendant lesquelles les agents devaient passer des nuitées à l'hôtel.
Dans les deux cas, les véhicules avaient été placés dans des lieux sûrs. Mais dans les deux cas, les chauffeurs ont été arrêtés pour des infractions reliées à l'alcool.
Ainsi, en 2007, un agent a été épinglé pour ivresse sur la voie publique alors qu'en 2009, deux agents ont dû être placés en détention préventive après avoir été impliqués dans une altercation dans un bar local.
Le document prévient que ces incidents, aussi peu fréquents soient-ils, témoignent d'une vulnérabilité potentielle dans la mission de sécurité nationale critique qui incombe à l'OST.
L'administration de la sécurité nationale du ministère de l'Énergie, qui supervise les agents, a rappelé que ses employés n'avaient pas conduit en état d'ébriété.
Près de 600 agents fédéraux ont la responsabilité de livrer des armes nucléaires, des composants d'armes nucléaires et du matériel nucléaire spécial à travers les États-Unis.
Compte rendu de la marche de la paix 2010 à Caunes Minervois
Comité audois du Mouvement de la Paix, 9 août 2010
Comme chaque année, au début du mois d’août, c’est le dimanche 8 que les adhérents, sympathisants et amis du Mouvement de la Paix se sont retrouvés pour rendre hommage à tous ceux qui sont morts sous les bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki, il y a 65 ans maintenant.
Le rassemblement était donné sur le parking place de l’Europe à Caunes-Minervois à tous les marcheurs pour un départ vers Notre Dame du Cros à 8h30. Dès 8h, les voitures arrivent, nombreux sont ceux qui se reconnaissent, d’autres vont à la découverte mais tous sont heureux de passer cette journée dans la convivialité et le souvenir. Cette année, les organisateurs ont prévu une promenade qui part de Caunes pour un arrêt collation à Notre Dame du Cros et retour sur la place du village. Balade fort agréable car les paysages sont superbes.
C’est donc avec entrain que tous commencent cette marche, les bavardages et la bonne humeur sont de rigueur, bien sûr. Nous suivons donc le parcours fléché par Marc et Jacques quelques jours plus tôt. Très agréable promenade car ombragée et nous permettant de découvrir pour pas mal d’entre nous les gorges du Cros, ses paysages magnifiques, la carrière de marbre dite « carrière du Roy », et le site très ombragé de Notre Dame du Cros où on nous attend avec un petit déjeuner fort apprécié de tous : gâteaux, céréales, jus de fruits et bien sûr eau pour nous réhydrater.
Nous reprenons notre randonnée en ayant fait le plein des ressources nous permettant de rejoindre Caunes.
Sur la place nous nous rassemblons tout près de l’olivier de la Paix planté en 2001, pour écouter une intervention de Jacques Obriet qui rappelle les faits historiques de 1945, mais évoque aussi les dépenses pour l’armement et le nucléaire en nous demandant de rester mobilisés et vigilants.
Les enfants qui nous ont accompagnés en cette matinée vont symboliquement déposer la plaque commémorative en hommage aux victimes des bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki, et de toutes les guerres, en la présence de Monsieur le Maire de Caunes assisté d’une de ses adjointes et d’une conseillère municipale. Nous les remercions de leur présence et de leur disponibilité.
Heureusement, tous ne marchent pas et le petit groupe qui était resté sur place nous attendait pour l’apéritif offert par le Comité audois, suivi du repas dont la bonne humeur ambiante et générale soude encore nos liens.
La journée se poursuit par une vidéo préparée par Jacques qui suscite des commentaires et des échanges très fructueux.
Ce n’est que la fatigue qui nous sépare après que chacun ait reçu son cadeau souvenir : un tee-shirt aux couleurs de la région et une bouteille de vin « cuvée audoise de la paix » pour les adultes et un cadeau surprise pour les plus jeunes.
Merci à tous ceux qui nous ont rejoints pour que cette journée soit réussie et pour surtout ne pas oublier !!
Nous vous disons donc à l’année prochaine !!!!
La secrétaire : Monique Rougé
La Flamme d’Hiroshima portée à 2400 mètres
Le comité des Hautes-Alpes du Mouvement de la Paix a marqué les 65 ans des bombardements atomiques des villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki ce dimanche 8 août par une Randonnée de la Paix au départ des Crots, au-dessus du Lac-de-Serre-Ponçon.
L’exigence de l'abolition portée au-dessus du Lac-de-Serre-Ponçon
Cette initiative estivale est proposée chaque année depuis 1995 en hommage aux 240 000 victimes de la barbarie nucléaire. Elle permet aussi de rappeler la menace que font toujours peser aujourd’hui les plus de 20 000 têtes nucléaires détenues par seulement neuf Etats de la Planète.
Partis à 7h30 du parking du Grand Clos, les pacifistes ont porté la « Flamme d’Hiroshima pour l’Abolition des armes nucléaires » jusqu’au Pic du Morgon à 2400 mètres d’altitude.
Composé de huit marcheurs de 13 ans à 78 ans, le groupe a rejoint vers 13h, les nombreuses personnes qui les attendaient à la Fontaine de l’Ours pour un apéritif offert par l’association et le pique-nique tiré des sacs.
Autour d’un verre, Nicole Castellas, présidente du comité des Hautes-Alpes du Mouvement de la Paix, a rendu compte de l’action pour l’élimination des armes nucléaires « nous sommes ici pour nous souvenir, mais notre objectif demeure l’abolition des armes nucléaires ». S’appuyant sur les évolutions internationales récentes - notamment la conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire à New-York en mai dernier, à laquelle 9 hauts-alpins ont participé – Pierre Villard co-président national du Mouvement de la Paix, présent aux Crots, a insisté sur la Convention d’élimination des armes nucléaires déposé à l’ONU et soutenue par 144 Pays.
« Nous demandons à notre pays de cesser de violer le TNP et de soutenir la convention d’élimination » a expliqué le co-président, affirmant avec conviction que « la seule dissuasion crédible, c’est l’abolition de l’arme nucléaire ».
La quarantaine de personnes présentes a poursuivi la journée par une après-midi de rencontres, fort appréciée par les nombreux marcheurs présents sur le site, ce magnifique dimanche d’août.
Gap le 10 août 2010
Les Sommets de la Paix dans les Hautes-Alpes, Pic du Morgon,
2400m d'altitude au dessus du Lac de Serre-Ponçon.
Succès de l’édition 2010 de la Marche de la Paix dans le Biterrois
Nous ne saurons jamais combien il y a eu de participants à cette 11ème marche de la paix organisée comme chaque année autour des dates anniversaires d’Hiroshima et Nagasaki, personne n’a pensé à compter par le collectif pacifiste du Biterrois ! Une bonne cinquantaine sans doute.
Le programme s’est déroulé conformément à ce qui était prévu. Serge a accueilli les marcheurs devant la cave coopérative de Montagnac où il y a eu des prises de parole, de serge bien sûr et de Raymond, le président du collectif pacifiste.
Comme en 2001 nous avons eu les honneurs de FR3 et on a pu le soir même voir aux actualités régionales quelques images commentées de la manifestation.
Serge nous invite à le suivre avec nos véhicules jusqu’au point de départ du circuit que doit emprunter la marche. L’endroit où nous nous parquons et où est prévu le pique-nique est idyllique : une pinède ombragée à souhait. C’est qu’il fait chaud aujourd’hui et d’ailleurs les cigales stridulent à qui mieux-mieux. On a vu que des tables et des chaises avaient été disposées sous les pins et que des bouteilles de Picpoul de Pinet étaient au frais dans des comportes !
C’est qu’il est prévu de marcher entre les parcelles de ce fameux cépage qui a été adopté pour ces terres rouges déposées dans les dépressions par l’écoulement des eaux de pluie sur une substrat calcaire.
Serge nous raconte l’histoire du Picpoul, sa patrie d’origine est Pinet, et son extension sur des terroirs voisins comme celui de la commune de Castelnau de Guers où nous sommes actuellement. Certes le terrain est sec mais nous sommes à une dizaine de kilomètres de la mer et les entrées maritimes apportent un peu d’humidité dans l’air. Justement il fait en ce moment un peu de vent marin qui serait encore plus apprécié s’il soufflait plus fort !
Heureusement il y a quelques arrêts pour des commentaires concernant les statues érigées sur le parcours. Tiens en voilà une à droite, très callipyge, sur le socle de laquelle on a mis le drapeau du Mouvement de la Paix.
Chemin faisant la journaliste de FR3 a interviewé Armand, Jean-Luc, Brigitte et Jean qui ont chacun apporté leur contribution au reportage sur le sujet qui est passé à la télé. Même si certains ont l’air bien frais, c’est le cas d’Aimé et de Martine, d’autres commencent à se dire que l’ombre, un coup à boire seraient les bienvenus à présent. Jasmin lui semble satisfait quand il est enfin assis sous la pinède !
Rosa a bien fait les choses : il y a de quoi se désaltérer et de quoi manger à l’heure de l’apéritif ! Après que l’on a remercié comme il se doit Serge et son équipe on va pouvoir passer à table. Des malins, c’est le cas de Paul, savent par expérience qu’il est judicieux de se mettre à côté de Rosa, il y a toujours un tas d’excellentes victuailles dans son panier ! Et ce 8 août 2010 c’est comme les années précédentes.
Vers la fin du repas on aura droit à plusieurs chansons. Serge obtiendra sans peine que soit entonné par Monique & Monique le « Gloire au 17ème » de Montéhus. Ah, nous avons droit à une inédite, la chèvre de Montagnac, que nous interprète Nadine. Une chèvre qui pissait du vin, et du bon semble-t-il, même qu’il guérissait d’à peu près toutes les maladies !
Il y aura aussi quelques bonnes blagues racontées, voire mimées, par des spécialistes en la matière !
Il doit être un peu plus de 16 h quand nous finissons de lever le camp.
Merci à tous pour cette nouvelle journée pour la paix, militante, culturelle, conviviale, comme elles l’ont été les années précédentes, avec une mention particulière pour cette édition 2010.
« A l’an que ven ! » A-t-on envie de dire et même d’ajouter, toujours en provençal, « Se sian pas mai, que siguen pas men ! »
Jacques Cros
Jeûne d'interpellation et d'actions pour l'abolition des armes nucléaires,
c'était à Paris du 6 au 9 août 2010
Un die-in remarqué, sous la Tour Eiffel le 7 août 2010
Attaque contre la flottille de la liberté, des photos des manifestations
A Besancon le 1er juin
A Gap le 31 mai
A Grenoble le 31 mai
A Marseille le 31 mai
Armement : Sarkozy décore un ami de Poutine
C'est probablement une première : Nicolas Sarkozy a remis, le 9 mars à l'Elysée, la Légion d'honneur à un ancien espion du KGB. Il est vrai que Sergey Chemezov, le directeur général de la méga-holding d'Etat créée en 2007 Rostekhnologuii, est un proche de Vladimir Poutine et l'homme-clé du complexe militaro-industriel russe. Poutine et Chemezov se sont connus dans les années 80 à Dresde, alors qu'ils travaillaient tous les deux pour le KGB. La remise de cette décoration est intervenue quelques jours après que le président Dmitri Medvedev, en visite à Paris, a annoncé l'ouverture de négociations avec la France pour l'achat de quatre bâtiments de projection et commandement (BPC) Mistral. Sergey Chemezov a évidemment joué un rôle déterminant dans ces discussions.
Invités choisis. Peu après la remise de décoration, Sergey Chemezov, arborant fièrement son insigne rouge, a réuni une trentaine d'invités dans un salon de l'hôtel Bristol, devenu un haut lieu de rendez-vous des oligarques russes. Selon les informations de La Lettre A, plusieurs industriels et hommes d'affaires français étaient présents : Louis Gallois (EADS), Luc Vigneron (Thales), Jean-Charles Naouri (Casino), Antoine Frérot (Veolia), etc. Peu discret comme à son habitude, l'homme d'affaires proche de l'Elysée Alexandre Djouhri allait de l'un à l'autre, et embrassait chaleureusement son ami Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, et président de la SSII CS.
LA LETTRE A N°1449 - 26/03/2010
Jean Ferrat nous a quittés
Avec la disparition de Jean Ferrat nous perdons un ami cher à nos cœurs. Les multiples hommages qui lui sont rendus témoignent de la place importante et originale qu’il tenait dans le domaine de la chanson française, mais aussi dans celui de l’action pour l’émancipation humaine. Comme il l’évoquait dans l’une de ses chansons « je ne chante pas pour passer le temps ». Ses chansons le rendaient très attachant à un large public, alliant la mise en musique des poèmes d’Aragon à un engagement permanent en faveur de grandes causes nationales et internationales.
Parmi celles-ci figurait naturellement l’action pour la paix, ses chansons la reflétaient de manière éloquente, ainsi que sa participation active en faveur du désarmement nucléaire et la liberté des peuples.
Jean Ferrat était membre du Conseil National du Mouvement de la Paix à l’activité duquel il portait beaucoup d’attention. La place qu’il tenait dans cette instance pluraliste était reconnue et appréciée. Dès sa création il a parrainé l’Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix.
Nous perdons l’un des nôtres, un grand ami. Son souvenir restera vivace.
16 mars 2010
Est-on rassuré de vivre dans un Cher trop militarisé ?
Comité de Bourges et du Cher du Mouvement de la Paix, 19 février 2010
La découverte d’un missile Mistral (actif ? maquette ?) dans un champ n’a pas surpris le Mouvement de la Paix du Cher.
En effet, pour la fabrication de munitions, dans la Région Centre qui occupe en France la première place, notre département joue un rôle majeur.
Les restructurations et les privatisations ont considérablement réduit les contrôles des citoyens sur la recherche, la fabrication, la circulation et la vente des armes (matériels et munitions).
Missiles, roquettes, mines, obus, obus au phosphore, flèches à uranium appauvri,… circulent par camion sur les routes de notre région, la plupart à destination de l’aéroport de Châteauroux où ils sont expédiés par avion aux pays acheteurs, à des clients privés.
C’est aussi sur le Champ de tir de Bourges que sont testées (par prélèvement) les armes produites en France, notamment celles à l’uranium appauvri. Ces nombreux essais suscitent l’inquiétude légitime de la population sensible à la dégradation de son environnement.
C’est encore le département du Cher qui accueille la base aérienne d’Avord « site majeur du dispositif de défense du territoire français » dont « la fonction de dissuasion nucléaire » vient d’être renforcée.
Peut-on imaginer qu’un missile nucléaire puisse aussi échapper à ses gardiens ? tomber accidentellement d’un avion Mirage ?
Cette militarisation à outrance de notre département ne constitue pas pour le Mouvement de la Paix une sécurité, bien au contraire.
La sécurité mondiale ne s’améliorera, que par l’interdiction des armes nucléaires, et une réduction importante des dépenses militaires qui ont atteint un niveau record en 2009.
Pour aller vers la mise en œuvre de ces objectifs, le Mouvement de la Paix demande au Gouvernement Français d’adopter la Convention d’interdiction des armes nucléaires qui sera discutée en mai à l’O.N.U. à New York.
Il reprend à son compte cette demande de Victor Hugo en 1840 : « Ces milliards donnés à la guerre, donnez-les à la paix, donnez-les au travail, à l’intelligence, à l’industrie, au commerce, à la navigation, à l’agriculture, aux sciences, aux arts, et représentez-vous le résultat ! »
Le sommet mondial Global Zero en France
Du 2 au 4 février, Global Zero, la Commission pour l’élimination des armes nucléaires dans le monde, réunira à Paris plus de 200 leaders politiques, religieux, militaires, économiques, étudiants du monde entier, dont Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, l’ancien secrétaire d’Etat américain George Shultz, la reine Noor de Jordanie, l’ancien secrétaire général de l’OTAN Javier Solana, l’entrepreneur Richard Branson, l’ambassadeur Richard Burt, négociateur américain des traités de désarmement START, ainsi que Michel Rocard, ancien Premier Ministre.
L'année 2010 pourrait être charnière en matière de désarmement nucléaire. Il s'agit en effet d'une des priorités affichées de Ban Ki-Moon, comme de Barack Obama et de Dimitri Medvedev.
Répression du mouvement social et des journalistes en Tunisie
Les atteintes graves aux libertés se succèdent en Tunisie et la répression contre le mouvement social dans le bassin minier de Gafsa depuis 2008 se poursuit. Le gouvernement tente de criminaliser ce mouvement « social, pacifique pour les droits et la dignité en Tunisie » selon le CRDLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie). Pourtant, celui-ci est soutenu par la population et plusieurs journalistes ont pris fait et cause pour cette aspiration à la justice et la démocratie.
Au moins trois journalistes ont été arrêtés suite à un procès collectif qui a eu lieu en 2008 et une procédure judiciaire mise en cause par les associations de droits de l’homme. Il s'agit de Fahem Boukadous, condamné en janvier 2010 à 4 ans de prison, Taoufik Ben Brik dont l’arrestation a donné lieu à une campagne internationale restée sans succès pour le moment, et Zouhaïer Makhlouf. La condamnation de Fahem Boukadous a donné lieu à des communiqués de nombreuses asociations de défense des droits de l’homme et de Reporters sans frontières. Le CRLDHT rappelle aussi la condamnation de Mouhieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives à Paris, condamné par contumace.
Soutenons un objecteur de conscience turc emprisonné et maltraité
Enver Aydemir a été arrêté le 24 décembre 2009 à Istambul. Objecteur de conscience depuis deux ans, il a été emprisonné et frappé après avoir refusé de porter un uniforme militaire.
Il a mené une grève de la faim et se trouve maintenant à la prison militaire Eskisehir.
Pour protester contre ce traitement inacceptable et réclamer sa libération, écrivez maintenant :
- par courrier à l'Ambassade de Turquie, 16 av. de Lamballe 75016
Paris
- par fax: +90 312 427 1330
- par email: cumhurbaskanligitccb.gov.tr
Pourquoi le Mouvement de la Paix ne soutient pas l’initiative dite « Marche mondiale pour la paix et la non-violence »
Une initiative internationale appelée "Marche mondiale pour la paix et la non-violence" est organisée depuis le 2 octobre jusqu’au 10 janvier. Le Mouvement de la paix qui milite depuis 60 ans pour la paix et le désarmement nucléaire tant au niveau national que mondial s'est tout d'abord réjouit qu'une initiative qui se voulait d'ampleur mondiale vienne alimenter les mobilisations. Cependant, après étude et débat, le Mouvement de la Paix a décidé de ne pas soutenir cette initiative et de ne pas s’y engager, malgré l’attrait de son thème et la justesse des objectifs affichés.
La première raison est que cette Marche n’a de mondiale que sa géographie. Elle n’est en aucun cas le résultat d’un processus collectif international et démocratique de préparation. C’est sans doute ce qui a motivé l’Assemblée mondiale des Forums sociaux, tenue à l’occasion du dernier Forum Social Mondial à Belém en janvier 2009, à refuser de soutenir une idée qui semblait à priori séduisante.
Par ailleurs, cette Marche a été pensée et organisée par la mouvance "humaniste" et revendiquée comme telle par ses organisateurs. Cette mouvance qui dispose de relais politiques, est mentionnée dans le rapport parlementaire sur les sectes au travers du « Parti humaniste », même si c’est une association émanant de cette mouvance « Monde sans guerre », qui est maintenant mise en avant.
Ces gens appartiennent-ils ou non à une secte ? Il n'est pas du ressort du Mouvement de la Paix de le déterminer, ni non plus de remettre en cause le travail parlementaire sur cette question. Mais nous ne pouvons comprendre le lieu d'arrivée de cette Marche : Punta de Vacas, certainement un superbe village d'Argentine, mais qui ne signifie rien, si ce n’est un lieu fortement symbolique pour la mouvance humaniste née dans cette vallée à la fin des années 60.
Refusant que sa notoriété puisse être impliquée dans des initiatives dont la probité morale n’est pas garantie, le Mouvement de la Paix a décidé, il y a déjà plusieurs mois, de ne pas s’engager dans ce qui nous apparaît aujourd’hui, au mieux, comme une opération de communication au bénéfice d'une organisation. Cette circonspection est largement partagée par de grandes organisations en France et dans le monde. En France, les soutiens sont rares, même si quelques personnalités ont accepté d'adjoindre leur nom. Le Mouvement de la Paix ne reproche rien à ces personnalités, dont l’engagement pour la Paix et la non-violence est sans faille pour les quelques unes qu’il connaît. Nous ne pouvons que nous demander si elles ont eu accès à toutes les informations concernant cette Marche, ses organisateurs et ses objectifs.
Par ailleurs, le Réseau mondial Abolition 2000 en faveur de l'abolition de l'arme nucléaire qui compte des milliers d'ONG a lancé en mai 2009 une initiative internationale : « la Flamme de l’Abolition ». Elle circulera dans le monde et en France jusqu’à la conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire de mai 2010. Les organisateurs de la Marche dite mondiale ont décidé de porter cette flamme durant leur parcours. Rien ne les en empêche.
Même si l’ambiguïté est savamment entretenue, cette « Flamme de l’Abolition » n’est en rien l’apanage de la marche des humanistes. En France, 24 organisations* ont lancé à Caen le 19 octobre dernier, devant le Mémorial de la Paix, le « Tour de France de l’Abolition », 6 mois d’actions en direction de l’opinion publique pour que la France s’engage à l’ONU à soutenir la Convention d’élimination des armes nucléaires, comme la très grande majorité des Etats de la Planète (plus de 125 à ce jour).
Le 11 Novembre 2009
* AFCDRP (Mayors for Peace – France) – AMFPGN – Appel des Cent pour la Paix – ATTAC – ARAC – CANVA - CDRPC – Droit-Solidarité – IDRP - LDH – Les Verts – LIFPL – Maison de Vigilance – MAN – MJCF – Mouvement de la Paix – Pax Christi – PCF – Réseau Franciscain Gubbio - Réseau Sortir du Nucléaire – SNCS-FSU - Stop Essai – Abolition 2000 France – ICAN France
Communiqué du Mouvement de la Paix des Bouches du Rhone, en soutien à Richard MARTIN directeur du théâtre TOURSKY
A notre ami Richard Martin,
Les amis du Mouvement de la Paix des Bouches du Rhône expriment très chaleureusement leur solidarité et amitié à Richard Martin, directeur du théâtre Toursky, Passage Léo Ferré dans le 3ème arrondissement de Marseille, en grève de la faim depuis le 3 octobre.
Richard est un fidèle ami de la paix en toutes circonstances, jusque dans ses rêves les plus fous devenus pourtant réalités, comme celui de transformer un bateau de guerre en « Odyssée de la paix » en Méditerranée.
Ses amis pacifistes savent bien que la paix est avant tout une « culture » et que tout ce qui permet d’éveiller les esprits fait peur au pouvoir, au conservatisme…
En ces jours difficiles pour Richard, pour que vive le Toursky, ce théâtre populaire qui chaque jour relève le défi de l’accès à la culture de haute qualité, pour tous, dans un quartier défavorisé, nous nous sentons totalement solidaire de cet acte de courage.
Les amis de la paix sont pétris dans les mêmes idéaux, de liberté, de justice….
Une des conditions préalables à « Marseille Capitale européenne de la culture 2013 », est de commencer par donner les moyens nécessaires pour faire vive la culture populaire, la culture vivante, la création, en commençant par sortir le Théâtre du Toursky de l’impasse dans laquelle les financeurs l’on mis sciemment.
Sans quoi, 2013 ne sera qu’une piètre supercherie !
Nos souhaits s’élargissent aussi à la promotion de la diversité culturelle – un des meilleurs gages de paix - qui est mise en danger par le désengagement de la DRAC.
Nous n’osons penser à cette issue dramatique et espérons de toutes nos forces que l’intelligence, le bon sens, l’intérêt général de l’adhésion à la culture de la paix de toutes les parties en cause l’emporteront très rapidement et de façon durable.
Réunie en congrès, à Drevant, près de Saint-Amand-Montrond (Cher), les 26 et 27 septembre 2009, l’Union pacifiste, section française de l’Internationale des résistants à la guerre (IRG), constate que :
- le chef des armées sort de son chapeau une pharaonique loi de programmation militaire 2009-2014. Le culte du sécuritaire et le secret généralisé n’existent que par la folie de gouvernements producteurs de bombes et semeurs de terroristes. Les profiteurs de guerre, volent le budget public sans craindre les poursuites. Trois milliards de damnés de la terre les remercient pour leurs pauvretés, maladies et famines.
- les impôts ne couvrent pas le centième des énormes déficits, causés en particulier par le budget de la Défense : les mercenaires n’engendrent que chômage, misère et délinquance.
- la guerre concerne de plus en plus l’Hexagone. Des soldats français meurent ou sont blessés en Afghanistan. L’Otan ne se contente plus de fabriquer et d’exporter les conflits, mais les importe avec ses bombardements également médiatiques. Au lieu de réintégrer l’Otan, il est temps de dissoudre cette alliance belliciste, tout comme l’a été en 1990 le Pacte de Varsovie.
- en Iran par le fallacieux prétexte de lutte contre le terrorisme les « maîtres du monde » préparent encore une intervention militaire où la population sera la première victime.
L’Union pacifiste de France demande expressément le retrait des troupes françaises de l’Afghanistan et réaffirme que le désarmement unilatéral (abolition des armes et des armées) reste la seule issue afin de sortir du terrorisme d’État.
Union pacifiste de France
B.P. 196, Paris cedex 13
Tél : 01 45 86 08 75 – union.pacifistewanadoo.fr
Désarmons maintenant !
Appel à la mobilisation pour la Conférence de révision du Traité de Non Prolifération en Mai 2010
lancé par le réseau international d'ONG pour l’abolition de l'arme nucléaire, la paix et la justice.
Septembre 2009 - Aujourd'hui, notre monde est confronté à des crises d'une ampleur sans précédent - le réchauffement climatique, la pauvreté, la guerre, la faim et les pandémies. Elles menacent l'avenir même de la vie telle que nous la connaissons et apportent chaque jour la mort, le chagrin et la souffrance pour nombre des habitants de notre planète. Pourtant, ces problèmes sont presque entièrement les résultats de l'action humaine et ils peuvent tout aussi bien être résolus par l'action humaine. Une opportunité sans précédent s'offre à nous pour créer la volonté politique de disposer enfin des richesses et des ressources de manière à satisfaire les besoins de tous les peuples et permettre à tous de vivre ensemble dans la paix et la justice.
Tel est le désir de la majorité écrasante des peuples, et pourtant nous sommes confrontés à une situation aujourd'hui où les dépenses militaires mondiales - de l'argent pour tuer - ont maintenant atteint un total de 1,46 milliards de dollars en 2008. En plus, neuf pays maintiennent des arsenaux d'armes nucléaires – au total, plus de 23.000 têtes nucléaires. Ces armes particulièrement destructrices peuvent non seulement détruire la vie sur notre planète -à plusieurs reprises(!) -mais sont également utilisées comme armes politiques de terreur, renforçant l’injustifiable inégalité du monde. L'éradication de ces armes mettra fin non seulement à la menace d'anéantissement du monde et à cette oligarchie de la terreur, mais libèrera des ressources considérables pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté, ouvrant la voie à une nouvelle tendance mondiale en faveur de la démilitarisation qui rendra d'autres progrès de l'aspiration humaine possibles.
En dépit des obligations découlant des traités et des résolutions et des décisions internationales au cours des décennies qui ont suivi les bombardements nucléaires criminels du Japon par les États-Unis en 1945, les Etats dotés d'armes nucléaires n'ont pas réussi à éliminer leurs armes nucléaires. La possession de ces armes, ainsi que la modernisation des systèmes et des doctrines d'utilisation nucléaire de plus en plus agressive ces dernières années, ont contribué à stimuler la tendance à la prolifération - et une plus grande probabilité d'une guerre nucléaire.
Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) exige à la fois la non-prolifération et le désarmement, et doit être soutenu et renforcé – même si un processus concret pour atteindre ces objectifs essentiels lui fait encore défaut. De plus, l'article IV pose de graves questions. Il garantit le droit à l'énergie nucléaire pacifique, mais oublie le lien inextricable qui existe entre l’énergie nucléaire et les technologies de l'armement et leurs coûts sur la santé et l’environnement. Le lancement récent de l'Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) permet d'espérer l'élimination progressive du nucléaire, en remplaçant la garantie de l'article IV. Cela dit, le TNP continue à fournir le cadre pour avancer vers une nouvelle initiative décisive: un calendrier pour l'élimination urgente des armes nucléaires exigée par la majorité des pays et des citoyens du monde.
La Conférence d'examen du TNP de mai 2010 fournit une précieuse occasion de prendre cette initiative. Il s'agit d'une opportunité qui ne doit être négligée sous aucun prétexte. Après les logiques de guerre de l'ère Bush, la présidence d'Obama dessine un nouveau contexte pour nos objectifs. L'engagement du Président Obama - aux côtés du Président russe, Medvedev, - pour l'abolition mondiale des armes nucléaires est très bien accueillie, et leurs premiers pas vers les réductions bilatérales et le soutien des traités limitant le développement des armes nucléaires sont positifs. Cependant, l'objectif de l'abolition mondiale ne peut pas être reporté à un avenir indéterminé, car seul un processus défini, réalisable et un calendrier peuvent enrayer la prolifération qui nous menace tous.
À cette fin, pour assurer un avenir pour l'humanité et notre planète, pour aider à créer les conditions d'un monde de paix, de justice et d’une véritable sécurité humaine sérieuse, nous exhortons la Conférence d'examen du TNP en 2010 à prendre un engagement sans équivoque pour entamer des négociations sur une convention pour un calendrier d'élimination de toutes les armes nucléaires – La Convention sur les armes nucléaires.
Une telle mesure ne se fera pas sans l'encouragement actif de la société civile, donnant la parole à l'aspiration de la majorité mondiale pour un monde libéré de la peur de l'anéantissement nucléaire. Nous exhortons tous ceux qui partagent cette vision à se joindre à nous dans les mobilisations pour la Conférence internationale de paix à New York le 1er mai et la Journée internationale d'action pour un monde sans armes nucléaires, à New York et dans le monde, le 2 mai, ainsi que pour la présentation des signatures de pétition à l'Organisation des Nations Unies.
Rapport au Parlement sur les exportations d’armement 2008 : transparence de façade pour un contrôle en chute libre
Le Ministère de la Défense vient de rendre public son rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France en 2008. Pour la plateforme « Contrôlez les armes », le bilan est sombre : en dépit des demandes répétées des ONG, la France continue d’exporter du matériel de guerre à des pays responsables de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Alors que la France proclame sa volonté de renforcer aux niveaux européen et mondial les mécanismes de contrôle, en pratique, elle semble réduire ses exigences. Les ONG rappellent que la France a l’obligation d’empêcher les transferts d’armes qui peuvent entraîner des graves violations des droits humains, du droit international humanitaire et nuire au développement, que ce soit de façon directe ou indirecte, par le biais des réexportations.
En 2008, la France a augmenté ses exportations vers des régimes responsables de crimes de guerre. Ainsi, Didier Destremau, du Secours Catholique – Caritas France a relevé que « le montant des livraisons d’armes françaises à Israël a doublé alors que l’état hébreu poursuivait le blocus de Gaza puis, y a engagé une vaste offensive militaire qui s’est soldée par la mort de plus d’un millier de civils, dont des centaines de femmes et d’enfants ».
Les livraisons d’armes vers le Tchad, dont des armes légères et de petit calibre favorisant l’instabilité, ont, elles, augmenté de plus de 50% ; dans le même temps, les autorités tchadiennes se sont rendues responsables de graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. « Au Tchad, la France a délivré pour près de 13 millions d’euros d’autorisations d’exportations de matériel de guerre l’année dernière : c’est plus que ce qu’elle a consacré au renforcement de l’éducation ou à la lutte contre la mortalité infantile et le VIH Sida dans ce pays », a déclaré Zobel Behalal, du CCFD Terre Solidaire.
Nicolas Vercken, d’Oxfam France – Agir ici a souligné que « les députés doivent se réveiller et interroger le gouvernement sur la légalité des exportations de la France vers des pays comme la Chine, la Colombie, Israël ou le Tchad. Et, enfin, organiser un débat parlementaire digne de ce nom pour demander au gouvernement ce qu’il compte faire pour mettre la législation française en conformité avec ses engagements européens ».
Par ailleurs, les ONG notent que la France semble avoir porté moins d’attention aux autorisations d’exportations d’armement qu’induit son engagement dans la Position Commune de l’Union européenne. « La France doit impérativement avoir une meilleure évaluation du risque de grave violation des droits humains et du droit international humanitaire », a rappelé Benoît Muracciole, d’Amnesty International France.
Contrôlez les armes - COMMUNIQUÉ DE PRESSE / 28 septembre 2009
CONTACTS PRESSE : Magali RUBINO, Oxfam France / 01 56 98 24 45 - 06 30 46 6604 / mrubinooxfamfrance.org
Aurélie CHATELARD, Amnesty International France / 01 53 38 65 41 - 06 76 94 37 05
Anne Bonnefont / Secours catholique – Caritas France / anne-bonnefontsecours-catholique.asso.fr / 01 45 49 73 36
Véronique de La Martinière / CCFD – Terre Solidaire / v.delamartiniereccfd.asso.fr / 01 44 82 80 64
Projet de loi relatif à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français
Propositions des associations
Aven, Moruroa e taou et du Comité de soutien « Vérité et Justice »
Le 30 juin 2009, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi relatif à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Pourtant, l’avis consensuel de tous les groupes parlementaires souhaité par le ministre de la Défense n’a pas eu lieu puisque seule la majorité a donné un vote favorable.
En fait, au cours du débat du 25 juin à l’Assemblée nationale, les objections au projet de loi Morin, de droite comme de gauche, ont fusé :
• sur le rejet du principe de présomption ;
• sur le contrôle par l’administration et la défense du comité d’indemnisation ;
• sur les limites « consultatives » de la commission de suivi ;
• sur le doute à l’égard des possibilités de recours des victimes ;
• sur la dénégation d’un droit des victimes à indemnisation.
La bataille des amendements au cours de la séance du 25 juin a permis d’obtenir quelques améliorations, notamment sur les voies de recours en cas de rejet des dossiers par le Comité d’indemnisation, mais ces dispositions sont renvoyées au décret en Conseil d’État.
Pratiquement tous les intervenants de gauche comme de droite ont souligné le rôle des associations « sans lesquelles nous ne serions pas ici », notamment dans le cadre de l’élaboration des 18 propositions de loi déposées depuis 2002 et des groupes de travail pour la rédaction des amendements. Cet hommage au travail de l’Aven et de Moruroa e tatou a été également l’occasion de rappeler à M. Morin qu’il n’était pas question de confondre ces associations qui, depuis des années, ont prouvé leur compétence et leur pugnacité à défendre les victimes, avec d’autres sans grande représentativité.
Après le vote du projet de loi par l’Assemblée nationale, une grave inquiétude subsiste chez les défenseurs des victimes. Comme l’a dit un député, ce texte « donne tout pouvoir au ministre ». Ce pouvoir sera même renforcé par le décret d’application qui fait maintenant clairement apparaître qu’il s’agit de réduire au maximum le nombre des indemnisations. Les populations du Sahara et des îles polynésiennes devront savoir manier sextants, boussoles et autres GPS pour justifier leur présence sur les espaces « très limités » considérés comme à risques radioactifs. Les malades, personnels des sites d’essais, civils et militaires, comme les populations, vont être « recalés » par les experts désignés par le ministre pour le moindre soupçon de tabagisme, d’alcoolisme ou de quelque tare héréditaire.
Comment pourraient-ils vraiment défendre leur dossier, quand en face, les « experts » seront soumis à la fois au secret médical et au secret défense et qui, de plus, n’ont aucune expérience des conditions des essais ? Un vrai déni de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme stipulant que tout plaignant a droit aux moyens de sa défense.
Bref, les associations craignent un texte purement symbolique où la France se déclarera fièrement quitte des conséquences désastreuses de ses essais nucléaires, à moindre frais puisque les victimes, dans leur grande majorité, seront exclus d’une juste réparation par le dispositif mis en place par la loi.
Le 14 octobre, une semaine après la publication du rapport de M. Marcel-Pierre Cléach, les sénateurs devront se prononcer sur le projet de loi. Autant parler d’une précipitation, imposée par le gouvernement qui a fixé lui-même l’ordre du jour.
Les associations Aven et Moruroa e tatou ainsi que le Comité de soutien « Vérité et justice » attendent des sénateurs qu’ils s’honorent d’apporter les correctifs nécessaires pour que cette loi soit digne de la patrie des droits de l’homme. Elles se sont accordées pour proposer des amendements qui leur paraissent indispensables, notamment sur les points suivants :
* L’application du principe de présomption d’un lien de causalité entre la maladie inscrite sur la liste prévue par décret et la présence sur les zones de retombées radioactives. En effet, l’article 4 (§ II et III) du projet de loi n° 501 rectifié, en prévoyant que le Ministre de la Défense ne soit pas tenu par cette double condition (la maladie et la présence sur les zones) est de nature à lui permettre de rejeter les demandes au moindre prétexte.
* Que soit prévue au comite d’indemnisation (article 3 du projet de décret, version du 23/06/09) « la présence » des associations représentatives : Aven et Morurua e tatou. Leur absence n’est pas acceptable. Cet article 3 comporte des représentants tous nommés par des membres du gouvernement dont deux personnalités qualifiées. Les seuls à avoir connu les conditions d’explosions des essais nucléaires étant les représentants des associations de victimes, ne pas les faire participer donne à ce comité d’indemnisation un caractère de partialité comme juge et partie. La décision finale étant prise par le Ministre de la Défense les vétérans des essais nucléaires sont inquiets quant aux possibilités de véritable indemnisation. Nous souhaitons que le Sénat propose notre présence au comité d’indemnisation et que la décision finale d’indemnisation soit prise par le comité.
* L’indemnisation des ayants droit (conjoints, concubins, enfants…) pour leurs préjudices propres, la réparation intégrale des préjudices subis par la victime décédée étant déjà prévue par le texte. (art I du projet de loi).
* L’élargissement des compétences de la commission de suivi (art 7 du projet de loi) qui ne doit pas être que « consultatif » afin d’organiser le suivi médical des personnes concernées, faire réaliser des études épidémiologiques indépendantes, et mettre en place un suivi des conséquences sanitaires et environnementales.
* La prise en compte des lieux de retombées des essais aériens correspondant à la réalité de ce qui s’est produit lors des tirs aériens (ou des accidents de tirs souterrains) tant au Sahara qu’en Polynésie française.
* Des dispositions spécifiques pour l’application de la loi d’indemnisation en Polynésie française.
* Un titre de reconnaissance de la Nation, (titre de la loi) avec médaille, pour tous les vétérans civils et militaires avec les réparations qui sont dues : retraite anticipée, prise en charge des soins à 100 %.
En Polynésie française, les états généraux de l’Outre-mer ont mis en place un atelier « Gérer l’après-nucléaire » rassemblant des participants très diversifiés de la société civile, des institutions polynésiennes et de l’État. Cet atelier, dont le rapport a été transmis aux sénateurs, a travaillé sur le projet de loi Morin et ses propositions, tout en regrettant l’absence d’un volet sur les conséquences environnementales, rejoignent les principales préoccupations des associations Aven, Moruroa e tatou et du Comité de soutien « Vérité et justice ».
Ce texte et les propositions d’amendements qui suivent est communiqué au rapporteur de la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, M. Marcel-Pierre Cléach, aux groupes politiques du Sénat et à tous les sénateurs.
28 septembre 2009
Pour tout contact :
• Aven : Michel VERGER, 06 70 98 48 37 (<aven49wanadoo.fr>) ou Jean-Luc SANS 06 81 74 82 81
• Moruroa e tatou (Polynésie) : John DOOM, 00 689 79 90 30 (<amoruroaetatouyahoo.fr>), Roland OLDHAM (<matahikamail.pf>) ou Bruno BARRILLOT, 00 689 24 38 35 (<brunobarrillothotmail.com>)
• Comité de soutien « Vérité et Justice » : Hélène LUC, 06 76 48 97 34 ou Patrice BOUVERET 06 30 55 07 09
Barack Obama enterre le projet de bouclier antimissile de George W. Bush
Jeudi 17 sept. 2009, AP - Par Anne Gearan, The Associated Press
WASHINGTON - Moins cher, plus efficace. Le président américain Barack Obama a enterré jeudi le bouclier antimissile en Europe de l'Est de son prédécesseur George W. Bush, en annonçant l'installation d'un système de défense selon lui mieux adapté à la menace iranienne et moins irritant pour la Russie, farouchement opposée au projet précédent.
Après avoir gardé le silence toute la journée, le président russe Dimitri Medvedev a évoqué dans la soirée une "décision responsable". "Nous apprécions cette décision responsable du président américain en vue de réaliser notre accord. Je suis prêt à poursuivre le dialogue", a-t-il déclaré à la télévision, rappelant que les deux hommes avaient discuté de la prolifération des missiles balistiques lors de leurs entretiens à Londres et Moscou cette année.
"Notre nouvelle architecture de défense antimissile en Europe fournira une défense plus forte, plus intelligente et plus efficace aux forces américaines et aux alliés des Etats-Unis", a déclaré Barack Obama lors d'une allocution à la Maison Blanche. "Elle est plus complète que le programme précédent, elle déploie des capacités efficaces et moins coûteuses, et elle maintient et met à profit notre engagement à protéger le territoire américain".
Lors d'une conférence de presse, le secrétaire à la Défense Robert Gates a pour sa part expliqué que le projet Bush avait été abandonné en raison d'une nouvelle interprétation des capacités de tir iraniennes.
A la place des missiles intercepteurs prévus en Pologne et du système de radar en République tchèque, le programme de l'administration Obama sera basé sur des détecteurs et des missiles intercepteurs installés sur des navires ainsi qu'à terre. Et, alors que le projet précédent visait à faire face aux missiles intercontinentaux iraniens, le Pentagone estime aujourd'hui que les missiles à courte et moyenne portée de Téhéran sont la véritable menace.
La première étape du nouveau système prévoit ainsi le déploiement de navires Aegis équipés d'intercepteurs et l'utilisation de nouveaux radars, le tout pour plus de mobilité. Deuxième volet: l'installation en Europe de l'Est d'ici 2015 depuis d'une nouvelle version de missiles sol-air actuellement en développement.
On ne savait pas encore si la République tchèque et la Pologne seraient les seuls pays européens concernés, mais Robert Gates a indiqué les avoir prévenues qu'elles seraient impliquées. Barack Obama a, lui, téléphoné aux Premiers ministres tchèque Jan Fischer et polonais Donald Tusk pour les informer de sa décision, révélée dans un premier temps par Prague.
Si le Pentagone a avancé l'argument technique pour enterrer le précédent projet, le programme annoncé jeudi semble également destiné à apaiser les relations avec la Russie -farouchement opposée au bouclier Bush-à l'heure où le soutien de Moscou est indispensable à Washington dans le dossier du nucléaire iranien.
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a en effet multiplié les gestes envers son homologue russe, attendu aux Etats-Unis prochainement pour l'Assemblée générale des Nations unies et le sommet du G-20 à Pittsburgh.
A force de longues tractations, George W. Bush avait obtenu l'adhésion de la République tchèque et de la Pologne à son projet. Au prix pour ces deux pays d'une forte opposition de sa population, et d'une dégradation de leurs relations avec la Russie, furieuse de voir des missiles américains si près de ses frontières.
Sur ce dossier, Obama devait donc choisir entre risquer une rechute dans les nouvelles relations avec Moscou, ou décevoir les Tchèques et les Polonais, deux alliés membres de l'OTAN.
Le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen a estimé que la décision annoncée jeudi était "une étape positive" et le nouveau projet incluant mieux les autres partenaires membres de l'OTAN. Konstantin Kosachev, président de la Commission des affaires étrangères de la chambre basse du Parlement russe, l'a également accueillie favorablement.
Aux Etats-Unis, les républicains ont, en revanche, immédiatement fait part de leur opposition. "Abandonner notre projet de défense antimissile en Europe a de graves conséquences sur notre relations diplomatiques et affaiblit notre sécurité nationale", a déclaré le représentant de Virginie Eric Cantor. "Nos alliés, particulièrement la Pologne et la République tchèque, mérite mieux, et notre population mérite quelque chose de plus intelligent et de plus sûr".
Israël reconnaît avoir utilisé du phosphore blanc à Gaza
Constance Jamet (lefigaro.fr) avec AP
04/08/2009 Dans son premier rapport exhaustif sur l'offensive à Gaza, l'Etat hébreu assure avoir employé l'agent chimique de manière légale pour former des écrans de fumée, et non comme arme contre les civils. Ce que contestent les organisations humanitaires.
Israël fait machine arrière. Après avoir nié pendant des mois avoir utilisé des munitions au phosphore blanc lors de son offensive sur Gaza en début d'année, le gouvernement admet dans un rapport, publié jeudi, en avoir finalement fait usage. Mais cette utilisation a été en tout point conforme au droit international en la matière, martèlent les autorités israéliennes dans ce premier document exhaustif sur l'opération «Plomb durci». L'agent chimique n'a été utilisé que pour former des écrans de fumées pour protéger l'avancée de ses soldats, explique-t-on côté israélien en réponse aux organisations humanitaires et aux Palestiniens. Ceux-ci accusent l'Etat hébreu d'avoir violé le droit international de la guerre, lors de «Plomb durci» et avoir sciemment détruit des biens et tué des civils.
Les munitions au phosphore n'ont jamais été tirées contre les civils, à l'intérieur de zones d'habitation, ce qui aurait constitué une violation du droit, affirme le rapport. Le phosphore cause en effet de grave brûlures de la peau, des muscles, voire des os. Sa combustion ne s'arrête que lorsqu'il est privé d'oxygène. Mais, affirme le rapport,«il ne paraît pas y avoir de morts documentées à Gaza résultant de l'exposition au phosphore blanc lui-même».
L'aveu des autorités israéliennes surprend peu. Il devenait de plus en plus difficile pour Israël de nier avoir eu recours au phosphore. De nombreux restes de munitions où des traces blanches de phosphore étaient visibles, ont été retrouvés dans Gaza. L'ONU avait même affirmé détenir des preuves démontrant que la substance avait été utilisée lors du raid mené contre un de ses entrepôts lors de l'offensive.
Tsahal étudie une centaine de plaintes
La bande de Gaza étant une des zones les plus densément peuplées de la planète, le rapport prend toutefois des précautions : ses rédacteurs n'excluent pas que des éclats d'obus contenant des résidus de phosphore blanc puissent avoir fait des blessés ou provoqué des incendies. Cependant, font-ils valoir, «il ne semble pas que les dégâts liés à cette utilisation puissent être considérés comme excessifs».
Leur rapport, qui sort avant celui des Nations unies sur les crimes de guerre à Gaza, entend faire ressortir le bien-fondé et la légalité de l'offensive de 22 jours. L'opération «Plomb durci», qui a fait plus de 1.100 morts côté palestinien et 13 du coté de l'Etat hébreu, «était nécessaire et proportionnée», affirme le texte.
«Israël avait, et le droit, et l'obligation, de prendre des mesures militaires pour faire cesser les tirs presque incessants de roquette et de mortiers du Hamas», peut-on lire encore. Quelque 12.000 projectiles ont été tirés sur Israël entre 2000 et 2008, dont près de 3.000 pour la seule année 2008 menaçant près d'un million d'Israéliens, précise le texte. En outre, plaide-t-il, Israël a pris plusieurs mesures pour tenter de limiter les souffrances des Gazaouis. Selon cet audit, Tsahal a choisi les armes les moins destructrices et a demandé aux Palestiniens de quitter les lieux où le Hamas est implanté, via des tracts et des appels.
Ce rapport souligne également qu'Israël a pris en compte les accusations de violations des droits de la guerre formulées par les organisations humanitaires. L'armée israélienne enquête sur une centaine de plaintes concernant des abus de ses soldats et a ouvert 15 enquêtes criminelles. Tsahal a promis de rendre public les résultats de ses investigations lorsqu'elles seront arrivées à leur terme.
Agrexco :
Communiqué du « Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. »
Le « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens » se félicite de la mobilisation réalisée dans la région Languedoc-Roussillon, à l’appel de la « Coalition contre Agrexco » qui rassemble déjà plus de 80 associations et organisations, contre l’implantation de la société israélienne Agrexco à Sète.
L’entreprise Agrexco, détenue à 50% par l’Etat israélien, est la première société exportatrice de produits agricoles des colonies, de la terre volée aux Palestiniens par Israël de manière totalement illégale. Cette société exporte 70% des produits des colonies israéliennes, notamment de la Vallée du Jourdain dont 95 des terres et 98% de l’eau sont annexés par Israël.
La société Agrexco ne doit pas s’installer à Sète, pas plus qu’ailleurs, du fait qu’elle s’enrichit du viol du droit international et du vol de produits d’une terre qui ne lui appartient pas. L’Accord d’association Union européenne-Israël est formel sur ce point qui a été ratifié par les parlements nationaux, en particulier par le parlement français en 1999.
Ce profiteur de la colonisation ne doit pas être libre de faire ce que bon lui semble. C’est une question politique majeure et non pas une question strictement économique ou commerciale. Un traité international, tel que l’Accord d’association UE-Israël, a plus de force que le droit interne. Il doit être respecté et il s’impose à tous : Etats mais aussi entreprises, collectivités et simples citoyens. Or, force nous est de constater que l’Etat français ne s’oppose pas à cette volonté illégale qui émane du Conseil régional Languedoc-Roussillon et de son président M. Georges Frêche.
La colonisation qui chasse les Palestiniens de leur terre contribue aussi à bloquer tout accord de paix et empêcher la création de tout Etat palestinien ainsi que le soulignent, de plus en plus nombreux, des responsables politiques lucides de premier plan sur la planète. Accepter l’arrivée d’Agrexco à Sète, avec utilisation de l’argent public de surcroît, c’est non seulement entériner la colonisation des Palestiniens mais c’est aussi encourager ceux qui maintiennent un état de guerre permanent dans cette région du monde qui peut atteindre désormais la paix au plan mondial.
Le « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens » soutient clairement les objectifs et les initiatives prises par la « Coalition contre Agrexco » et contribuera, en tant que tel, à donner une dimension nationale et européenne à la mobilisation contre l’implantation d’Agrexco.
C’est pourquoi il entend prendre toutes ses responsabilités et toutes les mesures appropriées pour faire connaître, dénoncer et faire échouer ce projet spécifique qui tourne le dos au droit, à l’équité et à la paix au Proche-Orient. Il est donc inacceptable.
Paris, le 14 juillet 2009
Alliance for Freedom and Dignity France (AFD France), AFPS, Américains contre la guerre - AAW France, Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC), Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF), Association des Tunisiens en France (ATF), ATTAC, ATMF, CCIPPP, CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël), Collectif des Musulmans de France (CMF), Collectif Faty KOUMBA : association des libertés, droits de l'homme et non-violence, Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix Strasbourg, Droit Solidarité, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Femmes Egalité, Femmes en Noir, Femmes en noir de Caen, FSU, Génération Palestine, GUPS, La Courneuve-Palestine, La Gauche unitaire, Les Alternatifs, Les Verts, Ligue des Droits de l’homme (LHD), Mouvement de la Paix, MRAP, NPA, PCF, PCOF, Respaix, Réveil des Consciences, SICO, Union juive française pour la paix (UJFP), Une Autre Voix Juive (UAVJ), Union syndicale Solidaires, U.T.I.T.
Une cinquantaine de clowns et plusieurs journalistes ont été interpellés par la police, lors du "Grand défilé MiliTerre" du 14 juillet. Un photographe, brutalisé et légèrement blessé, a porté plainte auprès de l'IGS, la police des polices.
Une insupportable atteinte à notre dignité nationale ! Et un véritable manquement au minimum de fierté patriotique dont doit faire preuve chaque citoyen le 14 juillet. Ce mardi après-midi, les membres de la Brigade Activiste des Clowns n’ont rien trouvé de mieux à faire que tenter de répandre, en plein Paris, leur fiel subversif et anti-militariste. Heureusement, la police veillait...
Journaliste noir américain, Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort en 1982 à l’issue d’un procès truqué. Accusé du meurtre d’un policier, il a toujours crié son innocence. Il est aujourd’hui l’une des figures emblématiques du combat pour l’abolition universelle de la peine capitale. D’un continent à l’autre, sa situation suscite une mobilisation continue depuis une quinzaine d’années.
Une lettre-pétition à l’adresse du Président des Etats-Unis connaît un grand succès. Depuis son lancement en mai dernier, des milliers de signatures ont été recueillies. Il faut poursuivre et intensifier cette campagne. Il y va de la vie ou de la mort de Mumia.
Aux Etats-Unis, la "communauté du désarmement" a le vent en poupe
Le Monde - 5 juillet 2009 - Le désarmement est de retour. Dans la petite communauté des spécialistes des négociations stratégiques, blanchis sous le harnais de la guerre froide, l'excitation est grande. Depuis l'élection de Barack Obama, ils ont de nouveau l'impression d'être du bon côté de l'Histoire. "Le contrôle des armements est devenu le nouveau réalisme", se réjouit Joseph Cirincione, expert reconnu sur la question.
En six mois, le président américain a revigoré la discipline. "Notre communauté a traversé une période difficile. Maintenant, une renaissance est possible", affirme Gary Samore, le "tsar" antiprolifération de la Maison Blanche. Dans son discours de Prague, le 5 avril, M. Obama a lancé un chantier ambitieux : réduction des arsenaux nucléaires, renforcement du régime de non-prolifération, sécurisation des armes existantes... Le conseiller a lui-même été saisi d'une pointe d'angoisse : "J'écoutais le discours et je me suis dit : ça fait énormément de choses à faire", racontait-il il y a quelques semaines, lors d'un colloque à l'Arms Control Association.
Dès la fin mai, les Etats-Unis et la Russie (qui possèdent quelque 20 000 armes nucléaires à eux deux) ont entamé les discussions sur la réduction de leur arsenal. Lundi 6 juillet à Moscou, M. Obama va faire le point de l'avancement des travaux avec son homologue Dmitri Medvedev. L'objectif est de prolonger le traité Start (Traité sur la réduction des armes stratégiques) de 1991 qui expire le 5 décembre. Mais les analystes pensent que les deux pays ne vont pas s'arrêter là et qu'ils vont s'engager dans une négociation élargie, visant des réductions beaucoup plus importantes.
Pour les partisans du désarmement, la traversée du désert a été longue. Sous Clinton, ils ont vu disparaître l'Arms Control and Disarmament Agency (ACDA), l'agence américaine indépendante, sous la pression du sénateur ultraconservateur Jesse Helms. Pendant la présidence Bush, ils ont vu s'établir une nouvelle doctrine - la Nuclear Posture Review de 2002 - étendant l'éventail des circonstances dans lesquelles l'arme nucléaire pourrait être employée (une révision de la doctrine est attendue pour décembre). "Et John Bolton a été nommé (sous-secrétaire au désarmement) pour s'assurer que rien ne repousse, ironise M. Cirincione. Raté."
Au contraire, le président actuel partage leur conviction que les crises iranienne et nord-coréenne, loin de montrer l'inanité du désarmement, le rendent plus indispensable : "Il reconnaît ce que notre communauté dit depuis un bon moment : que le leadership américain sur le désarmement est essentiel si on veut construire le soutien international nécessaire pour faire respecter le système international de non-prolifération", dit Daryl Kimball, le directeur de l'Arms Control Association. Autrement dit, pour prétendre faire plier l'Iran, Washington doit donner le bon exemple. "Toutes ces réformes que nous souhaitons ont un impact direct sur des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, explique M. Samore. Pour nous, cela a du sens de renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire lorsqu'on veut traiter de ces questions."
Tout le monde à Washington n'est pas devenu "abolitionniste" mais, selon Joseph Cirincione, on assiste à une "évolution historique de l'élite" de la politique étrangère américaine. Les anciens secrétaires d'Etat républicains Henry Kissinger et George Shultz, associés à deux démocrates, l'ancien secrétaire à la défense William Perry et l'ancien sénateur Sam Nunn, se sont rangés du côté de l'option "zéro" arme nucléaire. Le républicain James Schlesinger, ancien secrétaire à la défense, auteur d'un article publié en 2000 sur "la déroute du contrôle des armements", s'est rallié aux négociations post-Start. Brent Scowcroft, un réaliste de l'équipe de George Bush père, qui s'était opposé en 1999 au traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT), est maintenant favorable à sa ratification par le Sénat.
Les " (hommes de) Neandertal du nucléaire", comme les appelle M. Cirincione, n'ont pas baissé les bras. Ils accusent le président de brader la dissuasion nationale. Au sein même de l'administration règne, selon lui, une tension entre les partisans d'une transformation radicale et ceux qui veulent avancer par étapes et ne croient plus possible d'enrayer la prolifération. Mais au Conseil national de sécurité, là où il n'y avait qu'un directeur, Gary Samore a maintenant une équipe d'une dizaine de personnes. Au département d'Etat, trois femmes tiennent les rênes : Rose Gottemoeller, qui a passé les trois dernières années à Moscou, où elle s'occupait de questions stratégiques. C'est elle qui négocie avec les Russes ; Susan Burk, ambassadeur auprès de la Conférence du désarmement, et Ellen Tauscher, représentante du district de Californie où siège le laboratoire Lawrence Livermore, l'un des hauts lieux de la recherche sur l'armement nucléaire (sous-secrétaire au désarmement).
Depuis le discours de Prague, de notables avancées ont déjà été enregistrées. A la conférence de préparation de la révision du Traité de non-prolifération (TNP), prévue en mai 2010, une échéance jugée cruciale par les stratèges de M. Obama, les délégués se sont mis d'accord sur l'ordre du jour, ce qui s'était révélé impossible en 2005. Fin mai, à Genève, une autre percée a été réalisée à la conférence du désarmement, qui réunit 65 Etats de l'ONU. Depuis douze ans, les conversations n'avaient jamais pu débuter sur le traité interdisant la production de matière fissile, dispositif pourtant prévu par le TNP. Soudain, les blocages sur l'ordre du jour ont été levés.
Pour montrer la bonne volonté de l'Amérique, M. Obama s'est aussi engagé à mener une campagne "agressive" pour obtenir la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) rejeté en 1999 par le Sénat. Les perspectives sont meilleures qu'il y a dix ans, plusieurs sénateurs, dont John McCain, étant prêts à faire preuve de souplesse. Mais le seuil des deux tiers (67) nécessaire à la ratification n'est pas atteint et les sénateurs Jon Kyl, de l'Arizona, et Jeff Sessions, de l'Alabama, font déjà campagne contre la ratification. Gary Samore l'a reconnu devant ses collègues de l'Arms Control Association : de tous les éléments présentés à Prague par M. Obama, c'est "le plus controversé sur le plan intérieur". L'administration aimerait néanmoins qu'un vote puisse intervenir avant l'ouverture de la conférence de révision du TNP en mai 2010, pour, là encore, tenter d'isoler les réfractaires tel l'Iran.
Gaza: rapport accablant d'Amnesty international sur l'offensive israélienne
Amnesty International a publié un rapport accablant sur l'offensive israélienne à Gaza de décembre-janvier, accusant à la fois Israël et le groupe palestinien Hamas de "crimes de guerre".
L'armée israélienne et les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont tous deux dénoncé ce rapport intitulé "Opération 'Plomb durci'; 22 jours de morts et de destruction à Gaza".
Le rapport de 117 pages de l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres est un véritable acte d'accusation contre Israël et son armée et confirme le bilan palestinien de 1.400 morts et quelque 5.000 blessés, de même que la destruction de larges secteurs de Gaza (dont 2.700 bâtiments).
Yahoo news 26 juin 2009 - Le tribunal du travail a condamné jeudi à Papeete le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) dans un des huit dossiers de demandes d'indemnisation déposées par des anciens employés ayant exercé sur les sites des essais nucléaires en Polynésie, entre 1966 et 1996.
Le tribunal a estimé "l'action bien fondée reconnaissant que la responsabilité du CEA en sa qualité d'employeur était engagée pour violation de son obligation contractuelle de sécurité de résultat".
Il a condamné le CEA à verser à chacun des enfants majeurs d'un ancien employé une somme d'un million de Fcfp (8.400 euros) en réparation de leur préjudice moral". Dans ce dossier, il a par contre déclaré "irrecevable l'action fondée sur le droit commun de la veuve".
Par ailleurs le tribunal du travail a déclaré "recevable l'action des anciens travailleurs ou de leurs ayants droit dans quatre dossiers et a ordonné une expertise sur le caractère radio-induit des maladies contractées". Un expert national en cancérologie a ainsi été mandaté. Dans les trois autres dossiers, le tribunal a débouté les demandeurs. Plus d'infos sur Mediapart
Appel Solidarité Honduras
Nouvelle MANIFESTATION Place de la Fontaine St Michel (M° St Michel, ligne 4)
Dimanche 5 JUILLET de 16H à 18H
APPEL URGENT SOLIDARITE HONDURAS
NON A LA BARBARIE DES FORCES MILITAIRES HONDURIENNES !
NON AUX HEURES SOMBRES DE LA DICTATURE !
Dimanche dernier au Honduras s'est produit un coup d’état contre la démocratie. Le Président constitutionnel, Manuel ZELAYA, a été séquestré et expulsé de force par l’armée. Une oligarchie des plus réactionnaires s'est installée depuis au pouvoir, personnifiée par Roberto Micheletti, ancien militaire et puissant homme d'affaires.
Le Peuple, qui s'était soulevé pacifiquement depuis l'enlèvement de son président élu, est réprimé de plus en plus violemment par la police et les militaires. Mais la répression se fait aussi sentir par la censure de la presse nationale et internationale et par l'installation de la terreur dans la population à travers des couvre-feux et des coupures systématiques de l'électricité, de l'eau potable et des télécommunications.
Nous ne pouvons nous résoudre au retour en Amérique Latine de dictatures militaires déguisées en démocratie, qui tentent d'empêcher les réformes nécessaires au progrès de cette région.
Nous devons tous nous mobiliser pour réaffirmer notre solidarité avec le peuple hondurien qui attend ce jeudi le retour sur le territoire de son président légitime. Nous demandons au gouvernement français de faire partie de la délégation internationale qui accompagnera le président ZELAYA afin d'assurer sa restitution effective et inconditionnelle.
Ici, en France, nous appelons toutes les associations de solidarité internationale, les partis politiques, les syndicats et mouvements citoyens à se mobiliser et faire entendre leur voix :
Jeudi 2 juillet de 18h30 à 22h00 Place de la Fontaine St Michel (M° St Michel, ligne 4)
Premiers signataires :
* Association France Amérique Latine
* Association Nuestra America en Marcha
* Association des ex-Prisonniers politiques chiliens en France
* Association Simon Bolivar (Rennes)
* Argentin@s en el exterior
* Carta Abierta Francia
* Cercle Bolivarien de Paris
* Collectif des Péruviens en France
* Collectif Paraguay
* Colores Latino Americanos (Lille)
* Comité Apoyo International du Parti Nationaliste Péruvien
* Comité d'Information sur l'Amérique Latine de Nanterre
* Comité Pérou
* Communistes du Pérou en France
* Conseil Pro Bolivia
* Coordination des Associations de Cubains résidents en France
* Coordination Populaire Colombienne à Paris
* Cuba Si – Lorraine
* Donde estan
* France Cuba
* MJCF 94 - Mouvement des Jeunes Communistes du Val de Marne
* Mouvement de la Paix
* MRAP - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples
* Mémoire des Luttes
* Le Parti de Gauche
* Racines Cubaines
* Radio Latinos
* SICSAL - Service International Chrétien de Solidarité avec l'Amérique Latine
* Union des Associations Latinoaméricaines en France
* UNIPOMA. Université Populaire Mariátegui
La loi de programmation militaire 2009-2014 adoptée à l'Assemblée
AP 16 Juin 2009 - Les députés ont adopté mardi par 313 voix contre 173 le projet de loi de programmation militaire (LPM) 2009-2014, à l'issue d'un débat dominé par la question de la protection du secret défense. La majorité UMP-Nouveau centre a voté pour, la gauche se prononçant contre.
Le texte du ministre de la Défense Hervé Morin, qui durcissait les règles en vigueur pour la protection du secret défense, a été amendé en séance après un compromis entre les commissions des Lois et de la Défense. Le texte gouvernemental permet de classer secret défense des lieux sensibles, et non plus seulement des objets.
Lorsqu'un magistrat souhaitera effectuer une perquisition dans un lieu sensible, il devra demander à la chancellerie si l'endroit est déclaré comme "abritant un secret de la Défense nationale". Dans ce cas, il devra se faire accompagner par le président de la Commission consultative du secret de la Défense nationale (CCSDN).
Ces dispositions ont inquiété les syndicats de magistrats, mais aussi les députés de tous les groupes membres de la Commission des Lois.
Après une réunion présidée par François Fillon, un compromis a été trouvé entre les commissions des Lois et de la Défense, et des amendements communs adoptés en séance. Les lieux classifiés ne le seront que pour cinq ans. L'éventuelle prolongation de cette classification fera l'objet d'une nouvelle procédure et la décision du Premier ministre sera rendue publique.
Un nouveau délit punissable de trois ans de prison est institué en cas d'utilisation des lieux classifiés pour dissimuler des documents. Les magistrats pourront continuer à effectuer des perquisitions multiples et simultanées. Le président de la CCSDN n'aura aucune marge d'appréciation sur l'opportunité de la perquisition et pourra désigner des mandataires pour accompagner les magistrats.
Au delà de cette question sensible, l'objet principal de la LPM est de prévoir les moyens des armées pour les six années qui viennent. Malgré la crise, le gouvernement entend maintenir les crédits de la défense.
Une enveloppe de 185 milliards d'euros est prévue sur l'ensemble de la période, dont 101 milliards d'euros de crédits d'équipement.
Le budget de la Défense n'augmentera que du niveau de l'inflation pour la période 2009-2011, puis de 1% par an par la suite. Un rendez-vous avec le Parlement a été fixé en 2010 pour faire le point sur les ressources des armées et sur les programmes d'armement majeurs.
Les armées devront faire des sacrifices en contrepartie de ces moyens plus importants: 54.000 postes civils ou militaires seront supprimés d'ici 2015, et 83 sites militaires seront fermés. L'armée comptera à terme 224.000 hommes contre 271.000 aujourd'hui.
Durant le débat, le PS a dénoncé "le plus grand plan social qu'aura à connaître le pays", qui "apparaîtra très vite comme une saignée" pour les armées. L'opposition met en doute la sincérité des prévisions de la LPM.
Première étape de la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie de sécurité nationale définie par le Livre blanc de 2008, la LPM crée enfin un Conseil de défense et de sécurité nationale, présidé par le chef de l'Etat, et un Conseil national du renseignement chargé de piloter les différents services. Le texte doit être examiné en juillet par les sénateurs.
Accord exceptionnel en vue de la conférence de révision du TNP
Reuters - 07.05.09 - Les délégués réunis à New York pour discuter du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) se sont accordés mercredi sur le programme du rendez-vous prévu en 2010, un consensus inédit en dix ans. Au troisième jour d'une conférence de deux semaines entre les 189 signataires du traité adopté en 1970, les délégués sont parvenus à s'entendre sur le contenu des discussions censées aboutir à un plan de révision du TNP. De nombreux diplomates ont attribué cette percée dans les pourparlers, bloqués depuis dix ans, au changement de ton opéré par les Etats-Unis sous l'impulsion du président Barack Obama.
"Incroyable", a écrit le chef de la délégation britannique John Duncan sur un site internet où il s'exprime régulièrement. "Nous venons de nous mettre d'accord sur le programme de la conférence de révision de 2010. Ca peut sembler banal mais nous n'y étions pas arrivé depuis une décennie." D'autres diplomates ont évoqué l'accord avec plus de retenue mais ont estimé qu'il était symbolique, dans la mesure où jusqu'à lors, les délégations ne parvenaient pas même à trouver un consensus sur leurs sujets de discussions. Les signataires du TNP tentent depuis plusieurs années de dépasser leurs antagonismes, mais les divisions demeurent profondes entre grandes puissances nucléaires et pays en développement, qui reprochent aux premières de leur interdire l'accès au nucléaire et de ne pas se conformer aux promesses de désarmement.
Paris est isolé. La dernière conférence de révision du TNP, en 2005, avait tourné à la bataille procédurière et n'avait rien donné. Washington avait alors tâché de concentrer l'attention sur les ambitions nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, tandis que Téhéran avait critiqué les réticences américaines à désarmer et que l'Egypte avait dénoncé l'arsenal présumé d'Israël. Le programme adopté mercredi inclut une révision des promesses de désarmement formulées en 1995 et 2000 par les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie. L'ancien président américain George Bush disait, avec le soutien de Paris, ne pas être contraint par ces engagements pris par l'administration précédente.
La conférence de 2010 devrait également se pencher sur la question des "zones sans armes nucléaires", dossier qui concerne essentiellement Israël selon des diplomates. "L'administration Obama a changé de direction et accepté de remettre ces sujets au programme", a dit un diplomate sous le sceau de l'anonymat. "Les Français essayaient encore de bloquer mais ont accepté dans la nuit lorsqu'ils ont réalisé qu'ils étaient seuls et isolés."
Des représentants occidentaux se sont néanmoins dits inquiets de voir l'Iran et l'Egypte chercher à nourrir les divisions en focalisant leurs diatribes contre Israël, bien que les signataires apparaissent désormais plus soudés. "Il nous reste d'importants obstacles mais le changement de ton de l'administration Obama a modifié l'équation", s'est félicité un diplomate occidental. "Les Etats-Unis sont maintenant désireux de s'engager sur le désarmement, avec l'Iran, mentionnent Israël. Tout cela est nouveau et ça aide.
Le Bureau International de la Paix, à Genève, recrute un Coordinateur du programme Désarmement pour le Développement (plein temps, à partir du 1er juin 2009). Un contrat de 12 mois renouvelable. Horaires négociables.
Plus d'infos : www.ipb.org
Une délégation du Mouvement de la paix au proche-orient
29 avril 2009 - Une délégation du Mouvement de la paix de 14 personnes a séjourné en Palestine et Israêl la semaine dernière. Nous avons participé à la 4ème conférence de Bil’in et avons rencontré des « acteurs de paix » des deux sociétés, responsables d’organisations associatives ou politiques, religieux, élus, simples citoyens. A Bil’in, dans certaines zones de Cisjordanie où la population vit dans une extrême misère, à Jérusalem, à Béthléem, à l’école de la paix de Neve Shalom, à Tel Aviv, nous avons rencontré des hommes et des femmes qui se battent courageusement pour qu’enfin la violence cesse dans cette région et qu’une paix juste et durable y soit établie, dans le respect des droits humains et du droit international.
La Conférence de Bil’in, point fort de la semaine s’est déroulée cette année dans un contexte dramatique. Bassem, un jeune homme de 29 ans, personnalité rayonnante du Comité populaire, a été tué lors de la dernière manifestation hebdomadaire. Malgré cela, l’organisation de cette conférence par ce village de 1700 habitants était remarquable. Traduction simultanée en 3 langues, ouverture de la conférence par le premier Ministre palestiniens, présence de militants et de personnalités de nombreux pays et d’israéliens, lettre de soutien de Jimmy Carter, ancien président des USA,..
Bil’in devient le symbole et le lieu du rassemblement de la résistance populaire non-violente qui se généralise avec le soutien d’organisations et de militants israéliens et internationaux. Ce mode d’action suscite un grand espoir pour la population et les responsables de l’Autorité palestinienne dans un contexte où la création de l’état palestinien apparait plus compromise que jamais après la guerre à Gaza, l’accélération de la colonisation et la mise en place d’un gouvernement israélien de faucons.
Cette année des visites étaient organisées dans des zones de Cisjordanie où la situation est dramatique : la vallée du Jourdain où les israéliens empêchent les agriculteurs de travailler ; Hébron, où 500 colons appuyés par des milliers de militaires font de la ville un lieu de cauchemar avec des rues vides ; Jérusalem que les israéliens veulent annexer.
Partout, nous avons vu les palestiniens à l’œuvre pour vivre et travailler dans leur pays. Avec un courage et une dignité stupéfiante, ils replantent les oliviers arrachés, construisent et reconstruisent inlassablement les maisons, les écoles, les routes.
Même si la situation parait bloquée pour le moment, la solution du conflit existe. Un règlement global du conflit est possible, sur la base des résolutions de l’ONU (1) et notamment du plan de paix arabe. Plusieurs intervenants l’ont rappelé à la conférence de Bil’in, ainsi que l’urgence de la création de l’état palestinien, qui permettrait de garantir la sécurité des populations palestinienne et israélienne. Mais pas de paix durable sans justice. Le texte final de conférence porte l’exigence de la fin de l’impunité d’Israël et l’application de la justice internationale, si nécessaire sous la contrainte de sanctions internationales : diplomatiques, économiques et judiciaires.
1. Un sondage publié dans le quotidien israélien Haaretz commandé par le mouvement OneVoice, indique que 74% de Palestiniens et 78% d’Israéliens sont prêts à accepter une solution à deux États
Sondage : une majorité de Palestiniens et d’Israéliens veulent une solution à deux États
Sondage The Associated Press, publié dans Ha’aretz (traduction T.A. pour La Paix Maintenant)
La grande majorité des Israéliens et des Palestiniens veut vivre en paix côte à côte dans des États séparés, d’après un sondage de source indépendante publié mercredi dernier. Les résultats du sondage, commandé par le mouvement OneVoice, indiquent que 74% de Palestiniens et 78% d’Israéliens sont prêts à accepter une solution à deux États.
La marge d’erreur est de 41 % côté palestinien et de 45% côté israélien, selon les sondeurs.
Le sondage a été réalisé par téléphone en Israël, et en face-à-face dans les territoires palestiniens. OneVoice a déclaré que ce sondage contredit les craintes d’une baisse de soutien à la solution à deux États en Israël et dans les territoires palestiniens.
D’après son site internet, OneVoice vise à rapprocher les Israéliens et les Palestiniens ; le mouvement plaide en faveur d’une solution à deux États et pour “faire entendre puissamment la voix des modérés parmi les Israéliens et les Palestiniens, leur donnant la force de reprendre la main dans la résolution du conflit”.
OneVoice réunit plus de 650.000 signataires, en nombre plus ou moins égal parmi les Israéliens et les Palestiniens.
Le sondage a été mené par Colin Irwin, de l’institut d’Études irlandaises à l’université de Liverpool, Nader Saïd de l'Arab World for Research and Development in the West Bank, et l’institut de recherche Dahaf à Tel-Aviv.
Les victimes des essais nucléaires français seront indemnisées
Libération.fr - Société - 24/03/2009 -
10 millions d’euros par an sont prévus pour indemniser les victimes des 210 essais nucléaires français de 1960 à 1996. «Environ 150.000 travailleurs civils et militaires sont théoriquement concernés», précise le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Le ministre de la Défense Hervé Morin dévoile aujourd’hui un projet de loi d'indemnisation des victimes des 210 essais nucléaires menés par la France de 1960 à 1996 dans le Sahara et en Polynésie, texte très attendu des associations de vétérans. L'objectif est de déposer ce texte sur le bureau du Parlement d'ici à la fin du premier semestre, 10 millions d'euros de provision annuelle étant prévus dans un premier temps, précise-t-on au ministère de la Défense.
«Environ 150.000 travailleurs civils et militaires sont théoriquement concernés, sans compter les populations qui vivaient au Sahara et en Polynésie à l'époque des essais», a précisé le ministre dans un entretien publié sur le site Internet du «Figaro». Il s'agira donc de civils et militaires, employés par la défense ou par des entreprises comme le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ou leurs sous-traitants, mais aussi des populations algériennes ou polynésiennes présentes à proximité.
Les essais avaient mobilisé 150.000 travailleurs, dont près de 20.000 au Sahara et les autres en Polynésie. Quant aux populations polynésiennes, elles représentaient 2.000 personnes dont 600 enfants de moins de 15 ans. Pour toutes les victimes, qui relevaient jusqu'à présent de régimes divers, les décrets d'application fixeront une liste de 18 maladies (leucémie, cancers du sein, de la thyroïde...).
La liste sera calquée sur celle établie par un organisme de l'ONU, le Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCAER). Elle pourra toutefois être étendue au gré de l'évolution des connaissances médicales, précise-t-on de même source.
De la même manière, les zones géographiques seront très précisément déterminées par décret, la loi prévoyant les périodes concernées, qui s'étendront jusqu'au démantèlement des installations d'essais. Les dossiers d'indemnisation seront confiés à un comité de neuf membres, principalement des médecins, présidé soit par un conseiller soit d'Etat soit de la cour de cassation, le ministre de la Défense ayant le dernier mot.
Les indemnités, dont le montant sera laissé à l'appréciation de ce comité qui disposera de six mois pour émettre une proposition, seront versées sous forme de capital, ajoute-t-on au ministère de la Défense. De la même manière, aucun seuil d'exposition aux radiations ne sera fixé. La création d'une commission nationale de suivi, réclamée par les associations de vétérans, n'a en revanche pas été retenu, indique-t-on encore.
Le ministère de la Défense reconnaît plusieurs incidents dont quatre lors d'essais conduits dans des galeries au Sahara qui n'ont pas été totalement confinés, en particulier le 1er mai 1962 lorsque des retombées radioactives importantes ont été relevées dans une bande de plus de 150 km. En Polynésie, indique-t-on de même source, sur les 41 essais aériens, une dizaines de retombées radioactives ont été notées sur les atolls environnants dont 6 ont eu un impact radiologique.
Conçus par des artistes de l'Elaboratoire, huit chars colorés, moulés dans des caddies, et sur pattes ont circulé vers 10h, samedi, au coeur du marché de la place de Zagreb, dans le Blosne.
Conduits par des membres du Mouvement de la Paix, ceux militant pour une alternative non violente, et aussi par les Désobéissants de Rennes et des étudiants de l'IEP de Rennes, ils ont suscité réflexions, interrogations et questions. Ils étaient faits pour ça.
Des tracts ont été distribués dénonçant les réductions drastiques des budgets sociaux, alors que ceux concernant la Défense, l'armement connaissent des progressions significatives. « On veut des infirmières, pas des militaires » : un des slogans entendu pendant la progression du cortège.
Symboliquement le groupe de chars s'est arrêté devant l'hôpital Sud, l'école Volga, le centre social Ty-Blosne et le Triangle. Pour rappeler le manque de crédits accordés à la santé, à l'éducation, au social et à la culture. Une action qui s'est inscrite dans la semaine contre la violence.
Ouest France 23 mars 2009
Bruxelles: 442 manifestants anti-OTAN interpellés
21 mars 2009 - La police a arrêté administrativement samedi 442 manifestants qui ont tenté de s'introduire depuis la matinée sur le site de l'OTAN, situé à la limite des communes d'Evere, Bruxelles (Haren) et Zaventem, dans le cadre d'une action de désobéissance civile non violente. Cette opération, baptisée 'Nato Game Over', était organisée par le Forum d'Action pour la Paix, dont fait partie l'association Bomspotting, à l'occasion des 60 ans de l'OTAN qui seront célébrés les 3 et 4 avril à Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne). Selon la police, une seule personne a réussi à franchir une première clôture protégeant le site. Elle a été interpellée par la police avant qu'elle n'escalade la seconde grille. Un autre manifestant, qui tentait de franchir une clôture, s'est blessé à la main. Toutes les personnes interpellées ont été conduites dans les cellules du bâtiment 'Portalis', situé à proximité du Palais de Justice de Bruxelles. Aucun des manifestants n'a opposé de résistance lors des arrestations. Les premiers ont été libérés samedi en début de soirée.
Un périmètre de sécurité virtuel avait été mis en place à l'initiative des bourgmestres des trois communes concernées par la manifestation, permettant aux policiers d'y interpeller toute personne munie d'objets visant à faciliter l'escalade de grilles. Un important dispositif policier a été déployé samedi. Plus de 300 policiers se trouvaient sur place. Une quarantaine de chevaux policiers avec leurs cavaliers étaient également mobilisés. Des arroseuses étaient prêtes à entrer en action et l'hélicoptère de la police fédérale survolait le site de l'OTAN. Un peloton de policiers de la zone de Bruxelles-Ixelles se trouvait exceptionnellement à l'intérieur de l'enceinte du siège de l'Alliance. Les manifestants réclamaient essentiellement le désengagement des troupes de l'OTAN en Afghanistan et en Irak et le retrait immédiat des armes nucléaires de la Belgique.
Source : http://www.secoursrouge.org
Hier, devant des spécialistes et des diplomates de différents pays, Gordon Brown a fait une annonce qui risque de tendre fortement les relations entre Paris et Londres sur le sujet sensible par excellence: la force de frappe.
Dans le cadre des négociations de désarmement nucléaire entre la Russie et les Etats-Unis qui commencent et en préparation aux discussions sur le renouvellement du Traité de Non Prolifération, le Premier ministre britannique a déclaré qu'il était prêt à réduire le nombre de têtes nucléaires de son pays ("moins de 160" actuellement, dit-il) si cela permettait d'aboutir à un "grand bargain" est-ouest.
Or c'est justement ce que la diplomatie française veut absolument éviter: intégrer les armes européennes (autrement dit anglaises et françaises) dans le grand décompte. Dans les années 80, quand Gorbatchev et Reagan ont décidé de réduire drastiquement leurs arsenaux, la France et la Grande Bretagne sont parvenues, avec beaucoup de difficultés, à ne pas être inclues dans le calcul américano-russe..
Cette fois, Brown a-t-il déjà cédé et va-t-il obliger Sarkozy à faire campagne seul - et à contre courant? Le président de la République peut faire valoir qu'il y a un an, à Cherbourg, il a déjà annoncé une réduction d'un tiers de l'arsenal français avec l'objectif d'atteindre à terme "moins de 300 têtes nucléaires".
Mais Gordon Brown, qui avait déjà annoncé une forte réduction en 2006, se dit prêt à aller plus loin encore et à prendre la tête de la campagne de désarmement chère à Obama et même de la campagne "Global Zero" qui vise à un monde totalement dénucléarisé.
A l'Elysée on voit bien le risque: que la France soit montrée du doigt, au sein même de son camp, cette "famille occidentale" dont on a justement rejoint hier toutes les structures...
Comment va-t-on sortir du piège de Brown? Mystère.
Article paru le 14 mars 2009 - Tribune libre, L’Humanité des débats
Par Reiner Braun et Arielle Denis, animateurs des collectifs allemand et français pour le contre-sommet de l’OTAN (*)
Pourquoi les forces de paix ont rendez-vous du 1er au 5 avril à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden ?
Les 3 et 4 avril prochain, l’OTAN, qui célèbre son 60e anniversaire, se réunira en sommet à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. À cette occasion, les forces de paix d’Allemagne et de France préparent une protestation mondiale pour dénoncer les méfaits de l’alliance militaire et promouvoir un monde pacifique et solidaire. Nos concitoyens doivent savoir ce qu’est l’OTAN et pouvoir s’exprimer dans ce débat crucial pour la paix.
L’OTAN, créée « pour contenir le communisme en Europe », a survécu à la disparition du pacte de Varsovie en élargissant ses prérogatives et sa sphère d’influence - contrairement à l’engagement qu’elle avait pris alors. Depuis, elle s’affirme comme le bras armé de la mondialisation libérale, concentrant plus de 70 % des capacités militaires du monde au travers des 26 pays membres - dont 21 pays de l’Union européenne. Mais, comme au temps de la guerre froide, l’OTAN reste un appendice du Pentagone, entièrement aux mains du commandement militaire US et des décisions du président des États-Unis.
L’OTAN est une machine de guerre dotée d’armes nucléaires, de centaines de bases militaires et qui peut mener de front deux conflits majeurs et cinq conflits de moyenne intensité. Ses troupes combattent aujourd’hui en Afghanistan, tandis que le pays s’enfonce dans la misère, la corruption et l’insécurité.
Les guerres qui causent d’immenses souffrances et qui coûtent si cher aux peuples ne sont jamais une réponse aux crises. Pourtant, tandis que le monde doit faire face à une crise systémique, nous sommes inquiets de la tentation que constitue l’outil militaire OTAN pour assouvir les appétits des grandes puissances et régner sur le monde en promouvant la « guerre des civilisations ». « Sécurisation des approvisionnements énergétiques », « lutte contre l’immigration illégale » s’ajoutent aujourd’hui à la longue liste des casus belli pour lesquels l’OTAN et son arsenal nucléaire sont mobilisables.
Nous voulons que l’Union européenne joue un rôle actif pour la résolution pacifique des conflits, pour le désarmement et la réduction des dépenses militaires, qu’elle développe de nouvelles coopérations avec le Sud sur une base d’égalité. C’est pourquoi nous sommes opposés à l’ancrage structurel de la défense européenne dans l’OTAN contenu dans le traité de Lisbonne et que promeuvent madame Merkel et monsieur Sarkozy, qui sont « convaincus que la construction européenne et le partenariat atlantique sont les deux faces d’une même politique de sécurité », comme ils l’ont rappelé le 7 février dernier à Munich.
Dans le même sens, nous déplorons le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, qui est un mauvais signal pour le monde, celui du renforcement d’un camp au détriment du multilatéralisme et de la paix.
Malgré le fait que les autorités françaises aient mis Strasbourg en état de siège et posent des entraves inadmissibles à la liberté d’expression et de circulation, du 1er au 5 avril prochain les forces de paix de tous les pays viendront à Strasbourg, à Kehl et à Baden-Baden « pour protester contre les politiques nucléaires et agressives de l’OTAN et affirmer leur attachement à construire un monde plus juste et plus pacifique ».
Un village autogéré avec de nombreuses activités, une conférence internationale les 3 et 5 avril avec des ateliers sont organisés. Le 4 avril à 13 heures une grande manifestation partira du pont de Kehl d’où viendront les cortèges d’Allemagne pour dire aux chefs d’État de l’OTAN « 60 années, c’est plus qu’assez ! »
Nous ne paierons pas pour leurs crises Le 28 Mars, imposons nos solutions face au G20
Le G20, qui regroupe les gouvernements des 20 pays parmi les plus riches du monde, se réunira le 2 avril à Londres avec la prétention d’apporter des réponses à la crise. Nous qui intervenons sur les terrains sociaux, économiques, écologiques, de la paix ou de la solidarité internationale savons les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés.
Ces dégâts sont la conséquence d’un modèle ultra-libéral fondé sur le laisser-faire, l’accumulation des profits à court terme par une minorité, la spéculation financière, la répartition inégale des richesses, un système commercial injuste, le recours à l'endettement irresponsable et/ou illégitime, le productivisme, le pillage des ressources naturelles, la privatisation des services publics et la militarisation des rapports internationaux...
Cette crise frappe l’humanité dans son ensemble, à commencer par les plus vulnérables au Nord et les populations des pays du Sud qui sont victimes d’une crise dont elles ne sont pas responsables. Les moyens utilisés pour sortir de la crise se limitent, pour l’essentiel, à socialiser les pertes en vue de sauver sans réelle contrepartie le système financier et les multinationales. Où sont les moyens pour répondre aux demandes des populations ?
Le monde n’a pas besoin seulement de régulations placées sous la surveillance d'institutions internationales en partie responsables de la crise actuelle (FMI ou OMC notamment) ; il a besoin d’un nouveau système démocratique fondé sur le respect de tous les droits de l'homme, la satisfaction des besoins sociaux, le travail décent, la souveraineté alimentaire, le respect de l’environnement et la restauration des écosystèmes, la diversité culturelle, l’économie sociale et solidaire et une nouvelle conception de la richesse, basée sur son réel partage et une conception écologique et sociale du développement.
Face à la volonté du G20 de décider au nom de tous les pays et à la place des peuples du monde entier, il est important de faire entendre et d'imposer d'autres solutions pour sortir de la crise et de les inscrire dans les dynamiques sociales déjà engagées, en France comme dans d'autres pays. En cohérence avec les mobilisations syndicales du 29 janvier et du 19 mars en France, la journée mondiale d'action organisée le 28 mars en lien avec la réunion du G20 doit nous permettre de porter ces propositions et revendications au cœur du système néolibéral.
A cette occasion, nous appelons la population à participer massivement aux actions qui seront organisées dans notre pays.
Rejoignez le mouvement international de mobilisation du 28 mars 2009 !
A Paris, rendez-vous Place de l'Opéra le 28 mars à 14h30
Pour des actions de rue et une manifestation
Associations et syndicats premiers signataires de l’appel
Agir contre le chomâge - AC!, Aitec/Ipam, AlterEkolo, Les Amis de la Terre France, Association pour l'emploi, l'information et la solidarité - APEIS, Attac France, Cedetim, Confédération générale des SCOP – CGSCOP, Confédération paysanne, CGT Finances, Convergence pour les services publics, Centre de recherche et d'information pour le développement - CRID, Fédération Artisans du Monde, Fondation Copernic, France Amérique Latine, Fédération syndicale unitaire - FSU, Habitat international coalition - HIC, Ligue des Droits de l'Homme - LDH, Marches européennes, Mémoire des luttes, Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples - MRAP, No Vox, Réseau féministe Ruptures, Syndicat national de l'enseignement supérieur - SNESUP, Syndicat nationale unifié des impôts – SNUI, SUD PTT, Union syndicale Solidaires
Organisations politiques en soutien
Les Alternatifs, La Fédération, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Les Verts, Parti Communiste Français
Collision entre deux sous-marins atomiques Le lobby nucléaire a tenté une fois de plus de cacher la vérité aux citoyens
* C'est seulement après la révélation des faits par le quotidien britannique The Sun
que le ministère de la défense a reconnu la collision entre sous-marins atomiques
* Nucléaire militaire ou "civil", la vérité est systématiquement cachée aux citoyens
- conséquences des essais atomiques, collision entre sous-marins, etc
- contamination par les mines d'uranium, rejets des installations nucléaires, etc
Le 6 février dernier, le ministère de la défense annonçait que le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) le Triomphant avait heurté un "objet immergé" , ajoutant que c'était "probablement un conteneur". Et ce n'est que le 16 février, après les révélations par le quotidien britannique The Sun, que le ministère a reconnu la collision entre deux sous-marins atomiques.
Qui plus est, en faisant cet aveux juste après le "scoop" du Sun, le ministère reconnaît implicitement qu'il était bien au courant de cette collision entre sous-marins : autrement, il aurait annoncé qu'il allait faire "des vérifications" après ce qu'il aurait considéré comme une "hypothèse" du Sun.
Il apparaît donc clairement que, une fois de plus, le premier réflexe du lobby nucléaire est de cacher la vérité. Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à aller voir au cinéma le film Gerboise bleue, sorti le 11 février, et qui fait des révélations accablantes sur les contaminations en Algérie par les essais nucléaires français.
De même, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle les affaires actuelles ou récentes concernant la contamination de la France et du Niger par les mines d'uranium, l'incapacité d'EDF a mesurer correctement la radioactivité dans l'environnement de ses propres centrales nucléaires, les fuites d'uranium au Tricastin et autres installations.
De plus, les autorités françaises continuent à faire la promotion du réacteur nucléaire EPR, et à vouloir en construire plusieurs en France, alors que les deux chantiers en cours, en Finlande et à Flamanville (Manche), sont de véritables désastres industriels et financiers.
Par ailleurs, les autorités persistent à prétendre - depuis 50 ans ! - que des solutions existent pour les déchets radioactifs. Après avoir jetés des milliers de fûts de déchets radioactifs au fond des océans, les "responsables" du nucléaire veulent désormais les enfouir sous terre, ce qui serait un véritable crime contre les générations actuelles et futures.
Rien n'a donc changé depuis le mensonge d'Etat à propos du nuage de Tchernobyl (catastrophe nucléaire du 26 avril 1986 en Ukraine). Le nucléaire "transparent" n'existe pas et n'existera jamais. Les citoyens doivent rejeter cette industrie, tant son volet "civil" que son volet militaire. Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 840 associations
Communiqué du 16 février 2009 - Contact : 06.64.100.333
ISRAËL - Ivres de guerre et de haine
Une journaliste russe est allée à la rencontre de ses ex-compatriotes, des Juifs de Russie installés depuis moins de dix ans sur le territoire israélien. Au moment où leur représentant, Avigdor Lieberman, s'impose comme la troisième force politique du pays, elle témoigne, effarée, de la dérive morale de cette communauté.
Courrier International 13 fév. 2009 - La petite ville israélienne de Sderot est un vrai trou perdu de province, "au bout du monde à gauche", comme disent ses habitants. Si cette bourgade a fait la une des médias du monde entier, c'est à cause des roquettes artisanales Qassam qui s'y abattaient régulièrement [lancées à partir de la bande de Gaza] et de la "colline de la honte", hauteur qui offre une vue dégagée sur la bande de Gaza et d'où des centaines d'Israéliens sont venus se délecter du spectacle des trois semaines [27 décembre 2008-17 janvier 2009] d'offensive contre les Palestiniens.
"Mes compatriotes sont devenus fous, constate Nomika Zion, une habitante de Sderot, avec un tremblement dans la voix. Toute la ville est pavoisée. Il y a des drapeaux partout. Des groupes de soutien distribuent des fleurs dans les rues, les gens klaxonnent pour saluer chaque nouvelle tonne de bombes larguée sur nos voisins, les habitants de la bande de Gaza. Cette euphorie démente, cette ivresse de la guerre, cette soif de vengeance et de pouvoir me terrifient. Ces gens ont oublié la maxime juive selon laquelle il ne faut pas se réjouir lorsque son ennemi est à terre." Nomika Zion, une femme belle et passionnée, est une véritable enfant d'Israël, née dans un kibboutz au sein d'une famille de militants politiques, dans l'atmosphère idéaliste où l'on inculquait aux enfants que les droits civiques étaient ce qu'on ne pouvait retirer aux autres sans se déshonorer. Dans son kibboutz, elle a créé un groupe nommé Une autre voix de Sderot et publié un article sur Internet affirmant, entre autres, que "le bain de sang qui a eu lieu à Gaza ne s'est pas fait en mon nom, ni au nom de ma sécurité". Cet article a fait de Nomika et ses amis des parias dans la ville, où, désormais considérés comme des traîtres, ils se font cracher dessus et insulter.
"Nous, les Juifs, avons un complexe de victimes permanentes. Nous sommes persuadés que nous seuls pouvons être victimes, et nous avons perdu la capacité de compatir aux malheurs des autres. La différence entre moi, qui vis dans la peur qu'une roquette me tue, et les habitants de Gaza, c'est que je suis libre, alors qu'ils sont enfermés. Il est impossible de sortir de Gaza ou d'y entrer. Gaza est la plus grande prison du monde !" Je hoche la tête en silence. Qu'est-ce que Gaza ? Une étroite bande de terre bordée par la mer et entourée de barbelés, où s'entassent 1,5 million de personnes. Un camp de concentration surréaliste où sont parqués des Palestiniens, et créé, ironie du sort, par des Juifs dont les grands-parents ont eux-mêmes péri dans des camps de concentration. Ceux qui naissent à Gaza n'ont pas de passeport, ni de pays, ni de nationalité, ni le droit de se déplacer.
J'ai célébré l'Ancien Nouvel An [orthodoxe russe, le 13 janvier] en plein cœur de Jérusalem, en compagnie d'Israéliens d'origine russe. Ces gentils intellectuels aux manières policées plaisantaient aimablement et fredonnaient des chansons soviétiques, en s'accompagnant à la guitare. Soudain, l'ambiance a changé : il venait d'être question de Gaza. "Faut tous les buter !" , "On doit les écraser !". Ils avaient laissé tomber le masque. J'ai tenté un "Mais enfin, ce sont des êtres humains ! Est-ce qu'il n'y a que le sang juif qui compte pour vous, comme pour les héros du film Munich ? — Absolument ! m'a rétorqué Haïm, de Lvov. Pour moi et pour l'Etat d'Israël, seul compte le sang versé par les Juifs !" La présence du mari d'une de mes amies juives conférait à la scène une ironie amère. Cet homme est un Arabe chrétien palestinien répondant au beau prénom biblique de Noé. Il existe des couples improbables de ce genre ! Toutes ces impitoyables Olia de Voronej et Iacha d'Odessa, arrivés en Israël il y a une dizaine d'années, ont immédiatement obtenu la nationalité israélienne, une aide financière et un travail. Noé, qui est né et a grandi à Jérusalem, dont les racines familiales plongent profondément en Terre sainte, n'est PAS, pour sa part, citoyen israélien, n'a PAS le droit de vote et ne peut PAS se présenter à la moindre élection. C'est une personne de second ordre, privée de nationalité et sans cesse humiliée dans sa propre patrie. Pour lui, cette bande d'ex-Soviétiques bruyants, criards et arrogants, ce million et demi de russophones, est une troupe d'occupants qui lui dénie tout droit, à lui, maître légitime des lieux (pour avoir une idée plus précise de l'ampleur de cette occupation, il suffit de savoir qu'en 1917, les Arabes constituaient 93 % de la population de la Palestine, et que les Juifs n'étaient que 7 %).
"L'adhésion sans réserve des Israéliens à ce carnage dans la bande de Gaza est le résultat de nombreuses années de lavage de cerveau, considère Aliona, de Moscou, l'épouse de Noé. L'adversaire est déshumanisé. Dans les médias locaux, les Arabes sont présentés comme des bêtes sauvages à exterminer, et non des êtres humains. L'Etat a besoin d'un ennemi extérieur, sans quoi il se désagrège. Tous ces Juifs qui sont venus s'installer en Israël, porteurs de différentes cultures et traditions, sont soudés par un unique sentiment : ‘Nous sommes une forteresse assiégée, nous sommes contre le reste du monde'." Mais les Juifs ne veulent rien savoir. Quand on leur explique comment les colons s'emparent par la force de terres palestiniennes en Cisjordanie, ils vous regardent d'un air absent et affirment que ce sont des mensonges. Le monde entier diffuse des images d'enfants de Gaza brûlés par les bombes au phosphore et on entend en réponse : "Vous êtes de vils antisémites". Israël n'a jamais manqué de gens capables de tout expliquer et de tout justifier. La "pensée talmudique" est l'art de retourner une situation du tout au tout et de réussir à tirer avantage des arguments de l'adversaire.
Pour le rabbin Abraham Schmulevitch (né Nikita Demine à Saint-Pétersbourg), "l'humanité doit toutes ses grandes valeurs aux Juifs. C'est à travers nous que Dieu a révélé aux goys les vérités suprêmes. Tout le monde sait que les Juifs sont le peuple élu, mais élu pour quoi ? Pour fixer les normes idéales à l'ensemble de l'humanité." Ce rabbin est un personnage extrêmement charismatique, et je me laisse vite prendre à la magie de son éloquence. "Hypersioniste", tel qu'il se définit lui-même, il dirige le mouvement Pour notre pays ! et me brosse un tableau grandiose du futur empire juif, destiné à s'étendre du Nil à l'Euphrate. "Nous prendrons un morceau de l'Egypte, le Liban, la Syrie, une partie de l'Irak et un petit bout du Koweït, car telle est la terre que Dieu a donnée au peuple juif", détaille-t-il en me montrant une carte de cet empire à venir. "Nous libérerons notre terre par le fouet, et nous laisserons aux peuples qui y vivent le choix de mourir ou de se soumettre à nos règles. Lorsqu'Israël aura pris le contrôle du Proche-Orient, il le nettoiera comme l'avait fait Alexandre le Grand, en exterminant les rebelles et en incluant les peuples conquis dans le système impérial."
Sommet de l'Otan à Strasbourg : Dérive atlantique et néoconservatrice de l'UE promue par N. Sarkozy et A. Merkel
Lettre ouverte d’Arielle Denis et Pierre Villard, co-présidents du Mouvement de la paix
10 février 2009. Les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en vue de préparer le Sommet du 60ème anniversaire de l'Otan sont inquiétantes et laissent mal augurer de la « nouvelle doctrine stratégique de l'Otan » qui doit être mise en chantier. Leur déclaration commune du 4 février, parue dans Le Monde, semble avoir pour but de marquer leur attachement à ce que l'Otan porte de plus agressif, de plus contestable et de plus contesté.
Voilà qui est tragiquement décevant et tourne le dos à l'histoire, à l'heure où le nouveau président des Etats-Unis, M. Obama entend procéder à plus que des infléchissements concernant la politique étrangère de George Bush : réexamen du programme de bouclier antimissile, réouverture du dialogue sur le désarmement nucléaire et ratification du Traité d'Interdiction Complète des Essais Nucléaires, réexamen de la stratégie en Afghanistan avec désengagement -à terme, mais envisagé- dialogue avec Téhéran, réduction des dépenses militaires....
En ce qui concerne le « bouclier antimissile », Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent discuter à Strasbourg « des questions liées au déploiement de défenses antimissiles face à des menaces balistiques limitées émanant du Moyen-Orient. » Mais ni les Polonais, ni les Tchèques n'en veulent. B. Obama est pour le moins sceptique. Avec Mme Clinton, ils mettent en doute, l'efficacité du système qui n'a « toujours pas été démontré» et son coût exorbitant. N. Sarkozy et A. Merkel seront-ils les seuls promoteurs de cette pseudo « défense antimissile » qui reste le meilleur moyen de relancer la course aux armes nucléaires en Europe et dans le monde?
Par rapport à l'engagement de l'Otan en Afghanistan, les deux chefs d'Etat attendent « du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il adresse le signal que l'Alliance restera engagée (en Afghanistan) pour sa sécurité et ses valeurs. » (sic) Pourtant, l'administration Obama a déjà envisagé une stratégie de désengagement conformément à celle mise en œuvre en Irak et insiste pour dire qu'il est urgent d'attendre...
Quant à la persistance d'armes nucléaires sur le sol européen -dont 480 têtes nucléaires US stationnées dans les bases de l'Otan-, n'est-il pas temps d'appeler à leur disparition, lorsque Russie et Etats-Unis parlent de les réduire de 80% et que s'organise une impulsion mondiale vers le désarmement nucléaire pilotée par des pacifistes aussi inconscients que H. Kissinger ou le Premier ministre Gordon Brown ? Mais non, A. Merkel et N. Sarkozy demeurent « convaincus qu'une politique de sécurité responsable, qui prend en compte les risques futurs, doit conserver dans un avenir prévisible la dissuasion nucléaire »...
Que dire des relations avec la Russie, si importantes pour la sécurité du continent ? Ils tancent la Russie sur sa reconnaissance de l'Ossétie et de l'Abkhazie, normal, mais n’ont pas la moindre considération pour les craintes exprimées par celle-ci concernant la reconnaissance du Kosovo, le bouclier antimissile qui devrait s'installer à sa frontière où la poursuite de l'élargissement de l'Otan qu'elle devrait considérer comme « un élément central de la sécurité et de la stabilité du continent.»
L'ONU existe-t-elle encore? On en douterait, la seule mention des Nations Unies a disparu du vocabulaire du chef de l'Etat français et le virus semble contaminer l'Allemagne. Quelle erreur, alors qu'aujourd'hui la Maison Blanche appelle à un « nouvel élan du multilatéralisme !» Ne voit-on pas, après les échecs patents de l'unilatéralisme et du tout militaire que pour affronter les défis du 21ème siècle c'est la (ré)activation d'un véritable forum mondial qui est à l'ordre du jour ?
Va-t-on rater ce rendez-vous historique et ouvrir la porte à la terrible perspective qui tout au long du XXème siècle à accompagné les crises : la guerre ? Car c'est de cela dont il s'agit au travers des analyses et des choix qui s'expriment aujourd'hui : de quelle façon va-t-on s'attaquer à la crise et éviter que les tensions ne dégénèrent en conflits.
Le 60ème anniversaire de l'Otan et son nouveau concept stratégique nous concernent tous: les enjeux sont ceux de la paix du monde pour les mois et les années qui viennent. Une porte s'est ouverte sous la poussée des progressistes et des pacifistes aux Etats-Unis pour redonner de l'espace à une vision du monde différente de la guerre préventive et du choc des civilisations. Combien cette ouverture est fragile ! Et N.Sarkozy et A.Merkel refuseraient de saisir cette opportunité historique à peine esquissée ?
Ce Sommet de l'Otan à Strasbourg sera l'occasion pour le Chef de l'Etat de célébrer en grande pompe la réintégration pleine et entière de la France dans l'Otan. Pour quoi faire ? ! Les partisans de l'Alliance savent bien que la France est déjà dans l'Otan, qu’elle collabore à toutes les opérations et paye un tribut aussi important que le Royaume Uni. Qu’est-ce la France, l'Europe, la paix ont à y gagner ? La France va perdre sa spécificité et rejoindre « le camp occidental » et la vision Bushienne de « guerre des civilisations ». Plus que sa capacité à agir, c'est sa propre sécurité qu’elle affaiblit. L'Union européenne, pour compter sur le plan mondial, doit faire exister de façon autonome sa propre vision de la sécurité. 21 des 27 pays de l'Union européenne sont membres de l'Otan, y arrimer plus encore la France, est-ce vraiment nécessaire ?
Quant à la paix du monde, on pourrait en ces temps de crise rêver à de plus grands desseins: mettre en sommeil l'alliance militaire des puissants pour relever avec davantage de moyens le défi d'un développement global, durable et partagé, source de véritable sécurité pour tous.
Monsieur Sarkozy, il n'est pas trop tard pour renoncer à rejoindre le commandement intégré de l'Otan. La France, l'Europe et la paix ont tout à y gagner.
Vers un abandon du bouclier antimissile en Europe?
Si elle se vérifie, la nouvelle pourrait changer la donne géopolitique internationale.
Hier, le président de commission des affaires étrangères du sénat tchèque, Jiri Dienstbier, a déclaré à la télévision de son pays que les Etats-Unis ne construiraient probablement pas les éléments du bouclier antimissile prévus en République tchèque et en Pologne.
"La crise économique servira de bon prétexte pour repousser le projet", a-t-il dit.
Il a ajouté que le radar, qui, selon un accord signé au printemps avec Condi Rice, devait être construit en Tchéquie, sera "soit un projet commun OTAN-USA-Russie soit ne sera pas".
Autrement dit, Dienstbier sous-entend que Barack Obama, qui n'a jamais été un chaud partisan du bouclier en question, aurait décidé de ne pas affronter les Russes sur ce sujet.
Le nouveau chef de la Maison Blanche pourrait troquer cet abandon contre deux concessions:
1/ La réduction drastique et parallèle des arsenaux atomiques russes et américains.
2/ L'adoption par Moscou d'une posture beaucoup plus dure vis à vis de l'Iran.
Le récent changement de ton du Kremlin envers les Etats-Unis (et notamment l'abandon du projet de déploiement de missiles Iskander à Kaliningrad) semble indiquer qu'un grand deal américano-russe, qui satisferait (presque) tout le monde, est en bonne voie.
Source : Nouvelobs, 2 février 2009
« Urgence Gaza »
Communiqué -
Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine -
Cités Unies France
Une fois de plus le Proche-Orient est à feu et à sang. Le peuple palestinien continue
de payer au prix fort son absence de liberté sur une terre qui est pourtant la sienne.
Là où la puissance destructrice de l’armée de l’Etat d’Israël a été à l’œuvre près
d’un mois.
Les collectivités locales françaises sont soulagées par l’arrêt des combats qui met fin
dans l’immédiat aux massacres de civils, au premier rang desquels les femmes et les
enfants (1300 morts, dont 420 enfants et plus de 600 blessés dont la moitié sont des
enfants).
L’Etat d’Israël doit maintenant retirer son armée de la Bande de Gaza, le Hamas
doit cesser tout tir de roquettes sur les populations civiles d’Israël.
Le blocus de la Bande de Gaza doit être levé et l’accès plein et entier à ce territoire
garanti, en particulier pour l’accès humanitaire et médical. Parvenir jusqu’aux
populations civiles et aux victimes est une obligation imposée par le droit international.
Les collectivités locales françaises soutiennent également le projet d’une force
d’interposition internationale, mais contestent la décision prise fin décembre, sur
l’initiative de la France prévoyant le « rehaussement » des relations entre l’Union
européenne et l’Etat d’Israël.
Au-delà de ces mesures d’urgence, reste la mise en œuvre d’une solution politique
durable. La poursuite de l’occupation des Territoires palestiniens, l’extension de la
colonisation, la multiplication des checks points, l’érection du Mur, la non-
application des résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité, la non prise en
compte de l‘initiative de paix arabe, sont autant d’obstacles à la création d’un
Etat palestinien viable et souverain. Les conditions en sont connues : frontières de
1967, Jérusalem Est comme capitale, solution juste et partagée pour les Réfugiés. A défaut d’une solution politique viable, la région continuera de sombrer dans la
violence et l’actuel cessez-le-feu ne sera qu’une trêve de plus.
Il est donc urgent de revenir à un processus politique qui intégrera l’ensemble des
interlocuteurs. La proposition d’organiser une conférence internationale va dans le
bon sens à condition qu’elle aborde de front l’ensemble de ces points. La question
du dialogue avec le Hamas ne doit donc plus être taboue, notamment dans le
cadre de la formation d’un gouvernement d’Union Nationale, dont Mahmud
Abbas, Président de l’OLP et de l’Autorité Nationale Palestinienne est le représentant
légitime.
Pour ce qui les concerne, Cités Unies France et le Réseau de Coopération
Décentralisée pour la Palestine s’engagent :
1) A ouvrir un fonds d’urgence au titre de l’aide humanitaire et médicale
d’urgence : « Urgence Gaza »
2) A lancer une campagne de sensibilisation en direction des collectivités
locales françaises pour encourager les jumelages avec les collectivités
palestiniennes.
3) A rencontrer les grandes Fédérations d’élus et de collectivités locales pour
partager notre initiative afin de lui donner le plus large retentissement.
4) De s’intégrer dans toute démarche européenne qui s’inscrirait dans la même
perspective politique, en particulier celle arrêtées à Barcelone le 09 janvier
dernier par le Réseau COEPPO.
5) D’organiser dès que possible une mission composée d’élus locaux français et
européens dans l’ensemble des Territoires Palestiniens (Bande de Gaza,
Cisjordanie et Jérusalem est), en signe de solidarité avec les collectivités
palestiniennes et le Peuple palestinien.
6) De dresser la liste des possibilités d’accueil de blessés dans les hôpitaux
français.
Charles JOSSELIN
Ancien Ministre, Vice-Président du Conseil Général des Côtes d’Armor, Président de Cités Unies France
Claude NICOLET
Adjoint au Maire de Dunkerque, Conseiller Communauté Urbaine de DK, Président du RCDP
Crise à Gaza : la France doit demander une commission internationale d'enquête indépendante sur les violations des droits humains
Paris, 20 janvier 2009 - Choquées par l'absence de réaction adéquate au piétinement des conventions internationales relatives aux droits de l'Homme et au droit international humanitaire dans le contexte du conflit entre Israël et le Hamas, les organisations Amnesty International France, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme et son affiliée française, la Ligue des Droits de l’Homme, appellent la France à demander la mise en place d’une commission internationale d'enquête indépendante sur les graves violations de ces droits dans le cadre de cette crise.
Les violations graves des conventions internationales relatives aux droits de l'Homme et au droit international humanitaire dans le contexte de la crise actuelle à Gaza, dont la communauté internationale a été témoin depuis trois semaines, pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité.
Le 9 janvier dernier, le Conseil des droits de l'Homme a mandaté une commission internationale d'enquête, mais les Européens – dont la France – se sont abstenus de voter la résolution proposée, que le Canada a rejetée. Il est donc essentiel que le Conseil de sécurité agisse dès maintenant en faveur des victimes du conflit et fasse jouer son autorité morale ainsi que sa dimension incriminante.
Partie à la IVe Convention de Genève, la France a l'obligation juridique de s'assurer que toute violation grave du droit international humanitaire est dûment documentée et ses auteurs poursuivis.
Membre permanent du Conseil de sécurité, dont elle assume en ce mois de janvier la Présidence, la France a également l'influence internationale nécessaire pour s'assurer que les demandes d'enquête se traduisent en actions concrètes – comme l’ont notamment demandé le Secrétaire général des Nations unies, suite aux bombardements des bâtiments des Nations unies, mais également des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains.
La France, par l'intermédiaire de son ambassadeur au Conseil de sécurité, rappelait cette semaine encore son attachement à la « responsabilité de protéger » les populations civiles, ainsi qu'à la lutte contre l'impunité des auteurs des crimes les plus graves.[1]
Face à l'horreur et l'inhumanité des attaques commises sous nos yeux, au delà des déclarations, elle doit faire en sorte que le Conseil de sécurité agisse immédiatement sur le retour de l'Etat de droit.
AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE – FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L’HOMME – LIGUE DES DROITS DE L’HOMME – PLATEFORME DES ONG FRANÇAISES POUR LA PALESTINE
CONTACTS PRESSE :
· Amnesty International France : Aurélie Châtelard – 01 53 38 65 77 ou 06 76 94 37 05
· FIDH : Gaël Grillot – 01 43 55 90 19
· Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : Maxime Guimberteau – 06 98 90 18 87 ou 01 40 36 41 46
[1] Le 14 janvier dernier, à l'occasion d'un débat au Conseil de sécurité sur la protection des civils dans les conflits armés, la France a en effet déclaré que « la France est particulièrement attachée à la mise en œuvre concrète du concept de responsabilité de protéger », et que « la communauté internationale doit être prête à se mobiliser en cas d’incapacité ou d’absence de volonté des Etats », en précisant que cela implique « d’intervenir au plus fort des crises pour stopper les crimes les plus atroces » et « d'agir [en] amont pour les prévenir », et d'ajouter en particulier « Quelle serait la protection des civils sans lutte contre l’impunité ? Les responsables des crimes les plus graves doivent être poursuivis et sanctionnés. La France réitère en particulier son appui à l’action de la Cour Pénale internationale et appelle tous les Etats à adhérer au Statut de Rome. »
Le bilan des manifestations pour la paix en Palestine
La date du 10 Janvier a été marquée par une très forte mobilisation dans de nombreux pays. Des centaines de milliers de personnes en France sont sorties dans les rues afin de manifester pour exiger une fin immédiate du conflit à Gaza. Selon les données transmises à ce jour, les manifestations ont réuni plus de 235 000 personnes en France. De nouvelles actions sont prévues pour les prochains jours : veillées devant les mairies, rassemblements, manifestations...
Boutros-Ghali: "L'échec des Nations unies"
Jeudi 15 Janvier 2009 - Propos recueillis par Marianne ENAULT
leJDD.fr >> Exclusif. En dépit de l'adoption d'une résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies, le conflit se poursuit à Gaza. Le Hamas et Israël ont rejeté la demande de cessez-le-feu. Pour leJDD.fr, Boutros Boutros-Ghali, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, revient sur la situation au Proche-Orient. L'ex-secrétaire général des Nations unies (1992-1996) appelle à une réforme de l'ONU.
Que pensez-vous de la situation au Proche-Orient?
Je pense que c'est un désastre pour le peuple palestinien. Il y a eu plus de mille morts. Cela va renforcer les extrémistes en Palestine mais aussi dans les pays arabes. Cela va affaiblir le gouvernement de Mahmoud Abbas en Cisjordanie et affaiblir tous les modérés dans le monde arabe. Toute tentative d'un nouveau processus de paix et de nouvelles négociations est renvoyée à la prochaine génération. C'est un cadeau que les Israéliens ont fait aux extrémistes du monde entier.
Pourquoi?
Dans la bande de Gaza, les jeunes de moins de quinze ans représentent la majorité de la population. Ils seront les kamikazes de demain. Ils ont vu des atrocités. Ils ont vu leur père et leur mère tués. Ils deviendront des extrémistes. Ils représenteront un danger extrêmement grave, non seulement pour Israël mais aussi pour tous les pays de la région. Les massacres renforcent les fondamentalistes. Israël n'a rien appris de la leçon de l'occupation de Sud-Liban. Elle n'a fait que renforcer le Hezbollah, qui est aujourd'hui le parti le plus fort au Liban.
Quelle peut être la sortie de crise?
Je connais des solutions provisoires pour un cessez-le-feu. Mais je ne vois pas de solution au problème palestinien. Un accord de paix - tel celui conclu en 1978* - est impossible à réaliser avant l'arrivée d'une nouvelle génération.
"L'ONU traverse une crise"
Dans ce dossier, le monde musulman semble divisé. En tant qu'ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, qu'en pensez-vous?
La division du monde musulman est provoquée par l'attaque contre Gaza. Parallèlement au renforcement des fondamentalistes, vous avez un affaiblissement de tout ceux qui était en faveur du dialogue et qui n'osent pas engager un dialogue parce qu'ils seraient traités de traître.
La résolution votée par l'ONU n'a pas été suivie d'effet. Pourquoi?
L'ONU doit adopter une seconde résolution pour imposer des sanctions et des mesures coercitives afin que cessent ces bombardements. La première résolution fait appel à la bonne volonté des protagonistes du conflit, la deuxième résolution impose des sanctions. Mais je ne vois pas comment l'ONU pourrait adopter une telle résolution. Vous avez des Etats qui vont s'y opposer.
L'ONU est-elle devenue inefficace?
L'ONU traverse une crise depuis la fin de la Guerre froide et les politiques unilatérales adoptées par les superpuissances. La fin de la Guerre froide aurait pu être un point de départ pour une réforme de l'ONU, tout comme la fin de la Première guerre mondiale a permis la création de la Société des Nations (SDN) et la fin de la Seconde guerre mondiale celle de l'ONU. On espérait tous qu'à la fin de la Guerre froide - une guerre aussi grave que les deux guerres mondiales - on puisse réformer les Nations unies. Mais malheureusement, cela n'a pas eu lieu.
Pourquoi?
Il y a eu une opposition de certains Etats qui tenaient à maintenir le statu quo. Il est certain que les Etats-Unis ont adopté une politique unilatérale en contradiction avec la politique onusienne.
L'ONU doit-elle être réformée?
Après la SDN et l'ONU, il faut envisager la troisième génération des organisations internationales. Celle-ci devra tenir compte de plusieurs éléments: la fin de la Guerre froide, la globalisation, la révolution technologique que nous vivons en ce moment et enfin, des problèmes nouveaux qui n'existaient pas au moment de la création de la SDN ou des Nations unies.
Quel type de problèmes?
L'environnement, les guerres civiles. Prenez l'exemple des "failing states", ces Etats qui disparaissent. Depuis 1990, il n'y a plus d'Etat en Somalie. Et nous sommes en 2009! Cela se produit dans l'indifférence totale de la communauté internationale. Ces phénomènes nouveaux nécessitent la création d'une troisième génération d'organisations internationales. Je le dis depuis 1996: il faut démocratiser les Nations unies, obtenir la participation des acteurs non étatiques et de la société civile.
Le Conseil de sécurité doit-il être élargi**?
C'est un problème secondaire. Nous avons besoin d'un autre système dans lequel vous avez une représentation des Etats mais aussi des organismes non étatiques: ONG, partis politiques, société civile. L'Etat reste le principal acteur mais travaille avec les acteurs non étatiques. Vous avez un génocide en cours au Darfour, une guerre civile en Somalie, le problème de la faim relégué au second plan depuis la crise économique, la question du réchauffement de la planète qui est un problème vital mais dont personne ne s'occupe... C'est le rôle d'une organisation internationale de s'occuper de ces questions.
"L'ONU a raté l'occasion de se refaire"
Peut-on parler d'un échec des Nations unies?
Certainement. C'est un échec des Nations unies. L'ONU a raté l'occasion de se refaire.
Ban Ki-moon a été nommé secrétaire général des Nations unies le 1er janvier 2007. Son action est parfois critiquée. Qu'en pensez-vous?
J'ai une règle sacrée: je ne fais jamais de commentaires ni sur mes prédécesseurs ni sur mes successeurs.
Pensez-vous que Barack Obama, comme d'autres présidents américains avant lui, puisse accélérer le processus de paix?
Il faudra du temps au nouveau président avant qu'il ne puisse saisir tous les problèmes. Il lui faudra au moins six mois, voire un an. Et puis, à l'échelle internationale, nous vivons une grave crise économique. Celle-ci va dominer son action.
Vous parlez d'une troisième génération d'organisation internationale. Qui peut initier le mouvement?
Cela dépend de la conjoncture internationale. Au lendemain de la Première guerre mondiale, le président américain Wilson a créé la SDN. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Churchill et Roosevelt ont créé les Nations unies. Il faut donc trouver un nouveau leadership qui a le poids international nécessaire pour créer cette nouvelle organisation. La crise économique peut être le point de départ d'une réforme générale qui donnerait naissance à cette organisation, dans dix, voire quinze ans. Je crois en l'espoir et en l'espérance, vertus chrétiennes. Il faut espérer qu'un jour l'humanité puisse se mettre d'accord et trouver une solution pour lutter contre ces phénomènes qui mettent en danger la planète. Malheureusement, comme Moïse et Saddate, je ne verrai pas cette terre promise. De mon vivant, je ne verrai pas la solution au problème.
*Le 17 septembre 1978, les accords de Camp David sont signés par le président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier ministre israélien, Menahem Begin, sous la médiation du président américain Jimmy Carter.
** Actuellement, seuls cinq Etats sont membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Russie) organe exécutif des Nations unies, légitime pour prendre des décisions. De nombreux Etats, comme le Brésil ou l'Inde, plaident en faveur d'un élargissement du Conseil, dont les seuls membres permanents ont le droit de veto.
La guerre et le gaz naturel : l’invasion israélienne et les gisements de Gaza en mer
Par Michel Chossudovsky - Mondialisation.ca, Le 12 janvier 2009
L'invasion militaire de la Bande de Gaza par les Forces israéliennes, est directement liée à la possession et au contrôle de réserves stratégiques de gaz en mer.
Il s'agit d'une guerre de conquête: on a découvert de vastes réserves de gaz au large du littoral de Gaza en 2002.
Dans un accord signé en novembre 1999, l’Autorité palestinienne (AP) a garanti des droits de prospection de gaz et de pétrole d’une durée de 25 à British Gas (BG Group) et son partenaire situé à Athène Consolidated Contractors International Company (CCC), une propriété des familles libanaises Sabbagh et Koury.
Ces droits sur les gisements de gaz en mer sont de 60 % pour British Gas, de 30 % pour Consolidated Contractors, et de 10 % pour le Fonds d’investissement palestinien. (Haaretz, 21 octobre 2007)
L’accord AP-BG-CCC inclut l’exploitation des gisements et la construction d’un gazoduc. (Middle East Economic Digest, 5 janvier 2001)
La licence de BG couvre toute la zone maritime située au large de Gaza, laquelle est contigüe à plusieurs installations gazières israéliennes. (Voir la carte ci-dessous). Il convient de souligner que 60 % des réserves de gaz le long du littoral de Gaza et d’Israël appartient à la Palestine.
BG Group a foré deux puits en 2000 : Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2. British Gas estime que les réserves sont de l'ordre de 1,4 billions de pieds cubes, évaluées à environ 4 milliards de dollars. Ce sont les chiffres publiés par British Gas. La dimension des réserves de gaz palestiniennes pourrait s'avérer largement supérieure.
Qui possède les réserves de gaz?
La question de la souveraineté sur les gisements gaziers de Gaza est cruciale. D'un point de vue légal, ces réserves appartiennent à la Palestine.
La mort de Yasser Arafat, l'élection du gouvernement du Hamas, ainsi que la débâcle de l'Autorité Palestinienne ont permis à Israël de prendre de facto le contrôle de ces réserves.
Manifestation pour la paix à Tel Aviv: "Pour soutenir Israël : un cessez-le-feu " - 1/10/09
Gaza, dix-septième jour
(extrait)
16h10: Le mouvement pour la paix se félicite des mobilisations
Le Mouvement de la Paix se félicite de l’ampleur des manifestations qui
confirme «l’engagement majoritaire des Français pour une solution
politique au conflit du Proche-Orient qui passe par la justice et le
droit», mais «condamne les actes anti-juifs et anti-arabes» en France.
«L'engagement massif des populations a fait bouger les gouvernements des
grandes puissances qui doivent s'engager plus fermement pour l'arrêt de la
guerre, la fin du blocus de Gaza et la mise en place d'une force
internationale de protection des populations», déclare le communiqué.
Des médecins évoquent l'usage "d'un nouveau type d'arme" à Gaza
LE MONDE 12.01.09 -
Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale
Des blessés d'un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l'hôpital de la ville, qui en ont témoigné.
Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d'années avec l'organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l'Egypte. Non sans ultimes obstacles : "Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d'arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper", ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.
Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l'ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit "pour des raisons bureaucratiques" à l'intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d'une des bombes lâchées à proximité.
"A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES"
"A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.
Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. "A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne Pluie d'été . Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes", ont-ils expliqué.
Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : "Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du "monde occidental" – médecin ou journaliste : "Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?"
Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "au bout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez.
"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes."
A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…"
Sophie Shihab
Ça suffit ! Le temps du boycott est venu
Par Naomi Klein. The Guardian, 10 janvier 2009, article original : "Enough. It’s time for a boycott"
La meilleure façon de faire cesser cette occupation sanglante est de cibler Israël avec le même type de mouvement qui a mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud
Il est temps. Cela a trop duré. La meilleure stratégie pour faire cesser cette occupation de plus en plus sanglante est qu’Israël devienne la cible de ce type de mouvement mondial qui a fait mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une énorme coalition de groupes palestiniens a dressé les plans pour faire exactement cela. Ils ont appelé les « gens de conscience, partout dans le monde, à imposer des boycotts étendus et à mettre en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, similaires à ceux appliqués contre l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid ». La campagne [BDS] - Boycott, Désinvestissement et Sanctions – était née.
Chaque jour où Israël pilonne Gaza fait venir plus de convertis vers la cause du BDS – même parmi les Juifs israéliens. En plein milieu de cette attaque, environ 500 Israéliens, parmi eux des douzaines d’artistes et d’universitaires célèbres, ont envoyé une lettre aux ambassadeurs étrangers en Israël. Celle-ci demande « l’adoption de mesures restrictives et de sanctions immédiates » et tire un parallèle clair avec la lutte anti-apartheid. « Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace, mais on prend des gants avec Israël… Ce soutien international doit cesser. »
Pourtant, même face à ces appels clairs, non nombre d’entre nous ne peuvent toujours pas y répondre. Les raisons sont complexes, émotionnelles et compréhensibles. Mais elles ne sont tout simplement pas assez bonnes. Les sanctions économiques représentent l’arme la plus efficace de l’arsenal de la non-violence : y renoncer frise la complicité active. Voici les quatre principales objections à la stratégie BDS, suivies des contre-arguments.
Plutôt que de les persuader, des mesures punitives aliéneront les Israéliens
Le monde a essayé ce que l’on a appelé « l’engagement constructif ». Il a complètement échoué. Depuis 2006, Israël a constamment intensifié ses actions criminelles : expansion des colonies, lancement d’une guerre scandaleuse contre le Liban et imposition d’une punition collective contre Gaza au moyen de ce blocus brutal. En dépit de cette escalade, Israël n’a pas fait l’objet de mesures punitives – c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Les armes et les 3 milliards de dollars annuels d’aide que les Etats-Unis envoient à Israël ne sont que le début. Pendant toute cette période-clé, Israël a bénéficié d’une amélioration considérable de ses relations diplomatiques, culturelles et commerciales avec toute une variété d’autres alliés. Par exemple, en 2007, Israël est devenu le premier pays non latino-américain à signer un accord de libre échange avec le bloc du Mercosur. Au cours des neuf premiers mois de 2008, les exportations israéliennes vers le Canada ont augmenté de 45%. Un nouvel accord avec l’UE doit permettre de doubler les exportations israéliennes d’aliments en conserve. Et en décembre, les ministres européens « ont revalorisé » l’accord de partenariat entre l’UE et Israël, une récompense attendue depuis longtemps par Jérusalem.
C’est dans ce contexte que les dirigeants israéliens ont commencé leur dernière guerre : confiants qu’ils ne seraient confrontés à aucun coût significatif. Il est remarquable que pendant plus de sept journées boursières en temps de guerre, l’index de la Bourse de Tel Aviv soit monté effectivement de 10,7%. Lorsque la carotte ne marche pas, le bâton est nécessaire.
Israël n’est pas l’Afrique du Sud
Evidemment ! La pertinence du modèle sud-africain réside dans le fait qu’il prouve que la tactique du BDS peut être efficace lorsque des mesures plus faibles (manifestations, pétitions, lobbying en coulisse) ont échoué. Et il y a des relents profondément affligeants d’apartheid dans les territoires occupés : cartes d’identité munies d’un code de couleur et permis de déplacement, maisons rasées au bulldozer et déplacements forcés, routes réservées aux colons. Ronnie Kasrils, un homme politique sud-africain de premier plan, a dit que l’architecture de la ségrégation qu’il a vue en Cisjordanie et à Gaza était « infiniment pire que l’apartheid ». C’était en 2007, avant qu’Israël ne commence sa guerre totale contre la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.
Pourquoi prendre Israël pour cible lorsque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux font la même chose en Irak et en Afghanistan ? Le boycott n’est pas un dogme, c’est une tactique. La raison pour laquelle cette stratégie devrait être essayée est pratique : dans un pays aussi petit et qui dépend autant du commerce, il pourrait vraiment marcher.
Les boycotts rompent la communication ; nous avons besoin de plus de dialogue, pas de moins de dialogue
Je répondrai à cette objection par une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par une société d’édition qui s’appelle Babel. Mais lorsque j’ai publié « La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre », je voulais respecter le boycott. Sur les conseils de militants du BDS, dont le merveilleux écrivain John Berger, j’ai contacté un petit éditeur, Andalus. Celui-ci est une maison d’édition militante, très impliquée dans le mouvement contre l’occupation et c’est le seul éditeur israélien qui se consacre exclusivement à traduire en hébreu les écrits de langue arabe. Nous avons rédigé un contrat garantissant que toutes les recettes iraient au travail d’Andalus et que je ne toucherai rien. Je boycotte l’économie israélienne, pas les Israéliens.
Notre modeste plan d’édition nécessitait des douzaines d’appels téléphoniques, de courriels et de messages instantanés, s’étendant de Tel Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Ma remarque est la suivante : dès que vous commencez une stratégie de boycott, le dialogue s’accroît de façon considérable. L’argument selon lequel les boycotts nous couperont les uns des autres est particulièrement trompeur étant donné la gamme de technologies de l’information à notre disposition. Nous croulons sous les moyens de nous invectiver par-dessus les frontières nationales. Aucun boycott ne peut nous arrêter.
Les Israéliens sont numéro un mondial en info-technique, ils ne seront pas faciles à boycotter
En ce moment même, beaucoup de sionistes orgueilleux se préparent à marquer un point essentiel : ne suis-je pas au courant que beaucoup de ces joujoux de très haute technologie proviennent des parcs de recherche israéliens, numéro un mondial en info-technique ? C’est assez vrai, mais ils ne sont pas les seuls. Plusieurs jours après le début de l’attaque de Gaza par Israël, Richard Ramsey, le gérant d’une entreprise britannique de télécom spécialisée en services vocaux sur internet a envoyé un courriel à la firme technologique israélienne MobileMax : « En conséquence de l’action du gouvernement israélien ces derniers jours, nous ne serons plus en position d’envisager de faire des affaires avec vous ou toute autre société israélienne. »
Ramsey dit que sa décision n’était pas politique ; il ne voulait tout simplement pas perdre des clients. « Nous ne pouvons nous permettre de perdre le moindre client », explique-t-il, « c’était donc purement défensif sur le plan commercial. »
Ce fut cette sorte de calcul froid qui conduisit de nombreuses entreprises à se retirer d’Afrique du Sud, il y a vingt ans. Et c’est précisément ce type de calcul qui représente notre espoir le plus réaliste d’apporter la justice, si longtemps refusée, en Palestine.
Traduit de l’anglais par [|JFG/QuestionsCritiques]
Avec ce militant pacifiste qui a écrit "J'aime la paix" sur un manteau de neige vierge...
toute l'équipe du Mouvement de la Paix vous présente ses meilleurs voeux et vous souhaite une année 2009 aussi bonne que possible !
AMPLIFIONS LES MOBILISATIONS POUR LA JUSTICE ET LA PAIX AU PROCHE-ORIENT
Les élus du groupe CACR exigent l'arrêt immédiat de l’agression contre Gaza, le retrait de toutes les troupes israéliennes et la cessation des bombardements.
Il n'y a pas d'issue dans l'escalade militaire et dans la guerre.
Cette guerre est sans issue, d'annexions en colonisations, de blocus en mur de la honte, elle se nourrit d'un terrible engrenage des fanatismes et de leurs violences.
La mobilisation doit s'amplifier pour obtenir le retrait des troupes israéliennes, l'arrêt des bombardements et la construction d'une solution politique.
Donner sa chance à la paix, c'est le message porté dans le monde entier et en France par une multitude d'hommes et de femmes.
Donner sa chance à la paix, c'est travailler enfin à une solution juste et durable : un état palestinien de pleine souveraineté dans les frontières de 1967. Deux Etats, palestinien et israélien, vivant en sécurité et en coopération ! C'est parce qu'il n'y a pas de processus de paix que nous connaissons la tragédie d'aujourd'hui.
Donner sa chance à la paix, c'est d'abord et dans l'urgence : « faire cesser les violences », imposer un cessez le feu total, lever le blocus, porter secours aux populations de Gaza et revenir à un processus politique !
La France et ses partenaires européens doivent peser de tout leur poids auprès d'un de leur partenaire privilégié : Israël, pour que soit immédiatement mis fin à cette épouvantable offensive militaire.
Le gouvernement français et l'Union européenne doivent suspendre l'accord d'association avec l'Etat d'Israël et cesser toute coopération militaire avec ce dernier.
La France et ses partenaires européens doivent être à l'initiative d'une force de protection internationale permettant la sécurisation de tous dans la région. Une force qui figure dans la feuille de route de la communauté internationale depuis des années ! Une force qui ouvrirait la possibilité d'une relance d'un processus de paix digne de ce nom.
Nous en appelons à la conscience de chacun pour participer à toutes les actions et manifestations pour qu'une paix juste et durable s'installe enfin dans cette région du monde.
Source : CACR 9 janvier 2009
Bande de Gaza : des pressions de l’Union européenne pour mettre un terme aux opérations militaires et au blocus imposés par Israël
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
Les organisations de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine demandent une action forte de l’Union européenne pour imposer un arrêt immédiat des opérations militaires israéliennes ; un accès pour toute aide humanitaire et la levée permanente du siège de la bande de Gaza.
L’attaque israélienne la plus meurtrière depuis 1967 dans la bande de Gaza vient aggraver encore davantage la crise humanitaire causée par 18 mois de blocus israélien.
L'Office de coordination pour les affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) indique que la distribution de nourriture est extrêmement difficile dans la bande de Gaza. Le fioul est introuvable et les réseaux électriques et téléphoniques ne fonctionnent plus. Depuis deux jours, l’ensemble des hôpitaux de la bande de Gaza sont privés d’électricité et fonctionnent grâce à des générateurs. Ils sont submergés par le nombre de blessés et sont dans l’incapacité de leur prodiguer des soins d’urgence. Avant l’attaque israélienne, 80% de la population dépendait déjà de l’aide humanitaire.
Les associations réunies au sein de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine dénoncent la solution militaire choisie par Israël, qui ne lui assurera pas la sécurité recherchée. Comme l’écrivaient plusieurs associations membres de la Plateforme en juillet 2007 : « même si l’idéologie et le modèle de société du Hamas soulèvent de vives inquiétudes, celui-ci reste un mouvement enraciné dans la société palestinienne. On ne le détruira pas par les bombes ». Punir collectivement une population ne le fera pas non plus.
La politique unilatérale israélienne, lors du désengagement en Aout 2005, a assuré les conditions de la radicalisation que nous connaissons. Seul un retrait concerté avec l’Autorité palestinienne aurait pu apporter les conditions politiques nécessaires à l’exercice de son pouvoir. En lieu et place, Israël a continué de contrôler les frontières aériennes, maritimes et terrestres de ce territoire, emprisonnant 1,5 millions de Palestiniens.
L’Union européenne est aujourd’hui confrontée à une situation qu’elle a contribué à créer. En coupant son aide directe à l’Autorité palestinienne suite à l’élection du Hamas puis en la rétablissant au seul profit du gouvernement d’urgence de Mahmoud Abbas, elle a renforcé la division dans les Territoires palestiniens. Enfin, décidant de rehausser sans contrepartie, ses relations avec Israël en juin dernier, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne signifiait qu’Israël peut continuer à violer sans conséquences le droit international ainsi que les propres règles de l’Union européenne.
Alors que l'Etat d'Israël continue son attaque et n’assure pas un accès humanitaire illimité dans la bande de Gaza (également interdite à la presse), il est inconcevable que l'Union européenne négocie un rehaussement de ses relations avec ce dernier. Tant qu’Israël continue de violer le droit international et de commettre ce que beaucoup d’organisations considèrent comme des crimes de guerre, les organisations de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine demandent la suspension de l’accord d’association.
La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine rappellent les conditions immédiates d’un règlement du conflit : retrait israélien des Territoires palestiniens, gel complet et immédiat de la colonisation, levée des restrictions israéliennes, réouverture des points de passage de et vers la bande de Gaza. Une solution juste, fondée sur le droit international, est la seule garantie pour Israël de vivre un jour en paix avec ses voisins.
Contact : Maxime Guimberteau - 01 40 36 41 46 - pfpalest à club-internet.fr – www.plateforme-palestine.org
Des habitants de Gaza et de Sderot appellent à une nouvelle trêve
Information La paix maintenant - Quelque 1 800 Israéliens et Palestiniens, dont 500 habitants de Sderot, ont signé une pétition appelant à la fin de l¹opération militaire israélienne à Gaza et à la reprise du dialogue entre Israël et le Hamas]
Yediot Aharonot, 29 décembre 2008 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Malgré les tirs continus de roquettes sur leur ville depuis Gaza, tirs qui durent depuis des années, quelque 500 habitants de Sderot ont récemment signé une pétition appelant à l’arrêt des opérations de l’armée israélienne dans la bande de Gaza et à une nouvelle trêve avec le Hamas.
Arik Yalin, 43 ans, habitant de Sderot, a déclaré que plus de 1 800 Israéliens et Palestiniens avaient déjà signé cette pétition :
« Il y a environ un mois, nous nous sommes rendu compte que la situation allait se détériorer et mener à un chaos total. Il est important pour nous de faire entendre une opinion qui représente de nombreux habitants qui se trouvent à portée de feu, mais qui croient que nous pouvons et devons essayer de résoudre ce conflit d’une manière pacifique. Pendant 8 ans, nous avons vécu l¹expérience très dure que constitue la vie sous le feu des roquettes. Nous avons été gravement atteints, physiquement et mentalement.
Notre besoin de faire entendre une voix différente découle de notre ardent désir de modifier la situation et d’entamer des négociations avec l’autre côté afin d¹arrêter les violences. »
D¹après Arik Yalin, une opération militaire ne fera qu'augmenter la haine des deux côtés et diminuer les chances de parvenir à un accord. « Nous supposons qu¹au bout du compte, il y aura un accord qui interviendra, d¹une manière ou d¹une autre. La seule question est : combien d¹innocents vont se faire tuer en attendant. »
Hakim Hassona, propriétaire d¹une société de grutage à Gaza, a salué cette initiative : « Pourquoi utiliser la violence quand il n’y a pas de vainqueur dans cette guerre ? Au fond, nous sommes cousins et voisins, et il n’y a aucune nécessité d’en arriver là. Ils disent qu¹un assaut sera dissuasif. Mais quelle sorte de dissuasion ? Cela ne mènera qu¹à davantage de haine. Il n¹y a pas une seule famille à Gaza qui n’ait un proche touché par les opérations militaires (...) L¹homme de la rue ne veut pas la guerre, il veut vivre en paix. »
Le groupe « Une Voix Différente », formé par Arik Yalin et ses amis, souhaite promouvoir le dialogue entre Israël et les responsables du Hamas à Gaza. Plusieurs dizaines de membres du groupe maintiennent un contact régulier avec des habitants de Gaza.
Communiqué FSU - Les Lilas, le 29 décembre 2008
La population de Gaza est de nouveau sous les bombes de l’armée israélienne ; d’ores et déjà des centaines de morts sont recensés et une sanglante escalade semble s’annoncer. Ces massacres viennent s’ajouter au blocus inacceptable que subit depuis des mois cette population. Les massacres de populations civiles ne peuvent que susciter l’horreur. Il est grand temps de sortir de la spirale de la terreur.
La FSU exige l’arrêt immédiat de l’offensive militaire israélienne et l’arrêt de tous les actes de violence envers toutes les populations civiles. Elle rappelle qu’une paix juste et durable doit reposer sur la reconnaissance du droit de chacun des peuples à vivre en sécurité dans des états aux frontières sûres et reconnues et que seuls la négociation et le respect des droits des peuples et de l’Homme dégageront les voies et les moyens de la paix.
La FSU demande à la France et à l’Europe, en collaboration avec les USA, de jouer tout leur rôle pour obtenir l’arrêt des bombardements et l’engagement d’un processus de paix. Pour cela elles doivent notamment revenir sur leur décision de « rehaussement » du statut des relations Europe-Israël, qui ne peut avoir de sens que si Israël se conforme au droit international, à la recherche de la paix et au respect des droits humains. C’est sur ces bases que la FSU appelle à participer aux manifestations organisées le mardi 30 décembre et le samedi 3 janvier pour dénoncer les violences exercées contre les populations civiles.
Communiqué CICR: Découverte de quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes
Gaza : l'armée israélienne n'assistant pas les blessés palestiniens, le CICR demande d'urgence l'accès à ces derniers
Genève/Jérusalem/Tel-Aviv (CICR) – Dans l'après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l'accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza.
Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n'a obtenu l'autorisation des Forces de défense israéliennes que l'après-midi du 7 janvier.
Dans une des maisons, l'équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas.
Dans une autre maison, l'équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l'attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l'équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l'équipe de secours de quitter la zone, ce qu'elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks.
« Cet incident est choquant », a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. « Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n'ont pas porté secours aux blessés. Ils n'ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide. »
De grands murs de terre construits par l'armée israélienne empêchaient les ambulances de pénétrer dans le quartier. Les enfants et les blessés ont donc dû être transportés vers celles-ci sur une charrette tirée par un âne. Au total, l'équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a évacué 18 blessés et 12 autres personnes absolument épuisées. Deux dépouilles ont également été évacuées. L'équipe de secours ira chercher les dépouilles restantes jeudi.
Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d'autres maisons détruites du quartier. Il demande à l'armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu'aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d'accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d'autres blessés. Les autorités israéliennes n'ont toujours pas confirmé au CICR qu'elles lui autoriseraient l'accès.
Le CICR estime que dans le cas présent, l'armée israélienne n'a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l'accès a été donné aux services de secours.
Informations complémentaires :
www.cicr.org
Déclaration d’organisations de femmes israéliennes
6 janvier 2009 - Nous, organisations de paix de femmes appartenant à un large spectre d’opinions politiques, exigeons la fin des bombardements et autres instruments de mort, et appelons au commencement immédiat de délibérations pour parler de paix et ne pas faire la guerre. La danse des morts et des destructions doit finir...
La Ligue des Droits de l'Homme vient de publier un appel de personnalités que vous êtes invités à soutenir.
"L’offensive israélienne s’accentue et les morts et les blessés, essentiellement civils, s’accumulent. Le territoire de Gaza connaît une situation humanitaire effroyable dont la presse ne peut rendre compte puisque le gouvernement israélien y a interdit sa présence. Le Hamas continue à bombarder le sud d’Israël. Si toute violence contre des civils est une violation des conventions de Genève, rien ne peut justifier le blocus infligé depuis des années à Gaza pas plus que, aujourd’hui, l’engagement massif et meurtrier de l’armée israélienne..." Parmi les premiers signataires : Jean-Pierre Dubois (président de la LDH), Arielle Denis et Pierre Villard (co-Présidents du Mouvement de la Paix), Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey (co-présidents d’Attac) Gérard Aschieri (secrétaire général de la FSU), Guy Bedos (comédien), Philippe Caubère (comédien), Annick Coupé (déléguée générale Union syndicale Solidaires), Jean-Michel Ducomte (président de la Ligue de l’enseignement), Cécile Duflot (secrétaire nationale Les Verts), Jacques Gaillot (évêque de Partenia), Claude Sérillon (journaliste), Bernard Thibault (secrétaire général de la CGT)...
Frères des Hommes, association de solidarité internationale, vous invite à signer et à faire largement circuler lalettre ouverte au nouveau Président des USA Mr Barack Obama. La lettre et les signatures lui seront transmises le 20 janvier 2009 à l'occasion de son investiture.
Après l’Inde et la Libye, et maintenant le Brésil, Nicolas Sarkozy continue d’alimenter la prolifération nucléaire dans le monde
L’information est très largement passée inaperçue. Et pour cause : quoique révélée par le Canard enchaîné, elle est sortie dans l’édition du 24 décembre… Une période peu propice aux indignations.
Le Canard Enchaîné révèle ainsi dans une brève que le président français vient de signer avec le président Lula un contrat de ventes d’armes de plus de 8 milliards d’Euros. Et que ce contrat comprend le transfert, discret, de coques de sous-marins nucléaires (probablement une demi-douzaine, de modèle Barracuda et fabriquées à Cherbourg) et des savoir-faire qui vont avec. De quoi permettre au Brésil, affirme le journal, de se doter d’une flotte de sous-marins nucléaires d’ici 2012.
Après l’Inde et la Libye, où Nicolas Sarkozy a déjà relancé une coopération nucléaire en violation complète du Traité de Non Prolifération et de l’accord des Etats fournisseurs de matières nucléaires (voir le site www.nonaumissileM51.org), c’est au tour du Brésil de recevoir l’aide intéressée d’un président français dont la politique commerciale irresponsable menace de plus en plus l’avenir du monde à moyen terme.
Même si les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) n’ont de nucléaire que le mode de propulsion, l’équilibre de la paix mondiale voulait jusqu’ici que les puissances dotées de SNA s’interdisent d’en transférer les technologies aux puissances non dotées, pour ne pas encourager la course aux armements. C’est un nouveau tabou protecteur qui vient de tomber avec ce contrat passé entre les présidents Lula et Sarkozy.
Ils constituent qui plus est le complément idéal des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).
« On l’a vu encore récemment avec les vives tensions survenues entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires majeures, la paix n’est jamais sûre, et pas davantage en Asie qu’en Amérique du Sud, explique Xavier Renou, porte-parole du collectif « non au missile M51 ». La politique de prolifération nucléaire de Nicolas Sarkozy dessine un monde surarmé où les tensions habituelles risquent de se résoudre à coup d’armes de destruction massive. »
Le Brésil, qui est déjà la première puissance militaire du cône sud-américain, mais dont les inégalités sociales sont les plus fortes au monde, ne serait-il pas mieux avisé de dépenser ces milliards dans la lutte contre la pauvreté ?
Pour le collectif « non au missile M51 » : Xavier Renou, 06 64 18 34 21
Plus d’informations sur la campagne contre la relance de l’arme nucléaire en France (missile M51) et dans le reste du monde : www.nonaumissileM51.org
Lulatomique
Et ce contrat de vente d'armes de 8,6 milliards d'euros que Sarkozy vient de signer au Brésil avec Lula, n'est-il pas « historique », lui aussi ? 50 hélicoptères Cougar, 4 sous-marins Scorpène, une base navale, et surtout un très gros et discret morceau qui reste à venir: il s'agit de fournir au Brésil des coques de sous-marins français (probablement une demi-douzaine, modèle Barracuda) en construction à Cherbourg, dans lesquelles les Brésiliens comptent installer (avec notre aide) un réacteur nucléaire de leur fabrication. Une manière détournée et à peine discrète de passer outre à l'accord tacite qui interdit aux puissances nucléaires d'exporter des sous-marins nucléaires d'attaque...
Les Brésiliens espèrent ainsi disposer de pareils engins dès 2015. Ça tombe bien: d'après « Les Echos » (23/12), leur ministre des Affaires stratégiques vient de déclarer, à l'occasion de la signature de ce contrat, que le Brésil est « instinctivement pacifiste »...
Le Canard enchaîné, 24 décembre 2008, page 1
Conférence "Paix et Désarmement : un Monde sans Armes Nucléaires?" au Parlement européen
Intervention de Pierre Villard – co-président du Mouvement de la Paix, comité international de coordination Abolition 2000
Mardi 9 Décembre 2008 -
Bruxelles, Parlement européen - Bâtiment Paul-Henri Spaak - Salle Anna Lindh 1A002
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Je vous remercie de donner la parole aux ONG pour entendre notre point de vue et notre expertise. Et même si ce temps de parole est très court, et ne permet pas d’aller au fond des choses, nous le considérons comme une étape dans une évolution globale où la parole des citoyens prend de plus en plus d’importance dans les affaires internationales.
Je voudrais commencer par rappeler ici que lorsque les Etats-Unis ont mis au point l’arme atomique avec le gigantesque projet Manhattan, la bombe atomique était destinée à l’Europe. C’est finalement le peuple japonais qui en a été la cible, mais n’oublions jamais que nous aurions dû être cette cible de la folie meurtrière inutile.
Ensuite, je voudrais insister sur le fait que la Planète est en danger. Elle est en danger car elle est menacée par l’existence de 27 000 têtes nucléaires qui mettent chaque jour en danger des milliards d’années d’évolution. Mesdames et messieurs les parlementaires, je vous demande de prendre en compte l’urgence de mettre en œuvre des processus pour éliminer l’arme atomique. Notre siècle doit être celui de l’abolition de l’arme nucléaire comme le 19ème siècle a été celui de l’abolition de l’esclavage. Oui il y a urgence. Et nous Ong, nous avons parfois le sentiment que cette urgence n’est pas mesurée par les politiques. Nous avons le sentiment qu’elle se perd dans des considérations stratégiques qui sont dérisoires face à la menace que font courir les armes atomiques, non pas aux générations futures, mais à nous même.
Au travers du TNP la communauté internationale a choisi l'élimination contre la prolifération. Il faut donc maintenant mettre en œuvre ce qui a été décidé en matière de désarmement nucléaire. C’est pourquoi nous considérons que tous les Etats ont la responsabilité de faire de la conférence de révision de 2010 un moment crucial dans la voie de l’abolition de l’arme nucléaire. Pour cela il est primordial que soit instaurée la confiance entre les interlocuteurs. Cela n’a pas été le cas en 2005, du fait principal des puissances nucléaires qui ne respectent pas les engagements pris.
Concernant la confiance, nous voyons bien que la question du nucléaire civil est au cœur des débats. A l’heure d’aujourd’hui le Traité de non-prolifération n’interdit pas le transfert des technologies civiles. Au contraire il le garantie et délègue son contrôle à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Mais la dissymétrie qui existe entre les Etats nucléaires signataires du TNP, les Etats non-nucléaires qui sont tous signataires du TNP et les Etats nucléaires non-signataires du TNP entraine une injustice flagrante.
C’est pour cela que nous demandons que tous les Etats soient soumis aux inspections de l’AIEA. Il n’y a aucune raison de réclamer des inspections pour l’Iran et de ne pas en réclamer aussi pour Israël, les Etats-Unis ou la France. Ce deux-poids, deux-mesures n’est plus acceptable ; il doit céder la place à deux poids, une mesure : inspections et désarmement pour tous.
Des Etats sont soupçonnés de vouloir détourner la technologie civile au profit du militaire. Ce risque est à prendre au sérieux. Comme toutes les technologies duales, la technologie nucléaire nécessite des processus de contrôles et de vérifications. C'est le seul moyen de lever les doutes et d'apporter des garanties collectives de sécurité, capables de préserver la confiance. Pour cela il est essentiel que le contrôle soit indépendant et placé sous la responsabilité des Etats. Nous pensons donc que l’industrie du nucléaire civil devrait être du domaine public dans tous les pays du monde et placée sous une autorité internationale publique indépendante des intérêts des groupes financiers. C’est pourquoi le Mouvement de la Paix soutien l’idée de la création d'un consortium international destiné à gérer l'enrichissement de l'uranium et son retraitement, ainsi que toutes les activités sensibles du cycle nucléaire. Ce consortium international doit être placé sous l'égide des Nations Unies avec des mécanismes de contrôle exercés par des scientifiques et des ONG internationales compétentes, y compris des citoyens.
Mais donner un avis positif sur des mécanismes de contrôles du nucléaire civil ne signifie pas que nous soyons des promoteurs de ce nucléaire civil. Cette technologie pose de nombreuses questions aux citoyens et nous devons aussi nous demander si son développement est source de paix ou de conflits, et de difficultés environnementales mettant en péril ou non les générations futures. En résumer savoir si le développement du nucléaire est compatible ou non avec la culture de la paix. Dans l’immédiat, dépêchons-nous de prendre des mesures efficaces pour couper tous les liens qui peuvent exister entre nucléaire civil et nucléaire militaire.
Le parlement européen par sa résolution adoptée le 10 mars 2005 sur la mise en œuvre du TNP a rappelé que "l'objectif de l'union et l'objectif ultime du TNP sont l'élimination des armes nucléaires". Il faut donc maintenant passer à la mise en œuvre de cette résolution qui disait : "le parlement européen demande instamment à l'Union d'œuvrer résolument en faveur de l'établissement de la convention modèle sur les armes nucléaires, qui a été déposée aux Nations unies et qui pourrait fournir un cadre de mesures dans un processus de désarmement légalement contraignant".
Le plan que devrait adopter cette fin de semaine le conseil de l’Europe, sur proposition des ministres des affaires étrangères de l’Union, concernant la production des matières fissiles est important. Il est dommage qu’il n’aille pas jusqu’au soutien de la convention d’élimination des armes nucléaires et l’action résolue pour une zone dénucléarisée en Europe.
C’est le plus bel acte de confiance que les Européens pourraient donner au monde.
9ème Sommet Mondial des Prix Nobel de la Paix
Paris – 11-13 Décembre 2008
"Les Droits Humains et un Monde sans violence"
Relancer le mouvement mondial en faveur d’une culture de la paix
Gagner le désarmement et réduire les dépenses militaires
Intervention d'Arielle Denis, Vice présidente du Bureau international de la paix
Les voyants sont au rouge. Quand 850 millions d’êtres humains vivent sous la barre de la pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque vingt-quatre heures, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut encore la peine de vivre à la Nouvelle Orléans, au Sahel, dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière. La crise du mode de développement néolibéral touche tous les domaines : économiques, financiers, environnementaux, mais également éthiques et politiques.
La militarisation des relations internationales s’est accentuée ces dernières années en même temps qu’augmentent les dépenses militaires atteignant 1335 milliards de dollars en 2007.
Cependant, de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Palestine, le Darfour, la Colombie ou la Birmanie, les interventions militaires et les guerres n’ont rien résolu. Au contraire, elles produisent des spirales de souffrance et de haine, détruisent les vies et l’ensemble de l’environnement. Trop souvent par le passé les crises ont ouvert les chemins des guerres, il nous faut aujourd’hui transformer cette période de confusion en opportunité pour ouvrir une ère de paix !
Le monde bouge, de nouveaux acteurs émergent. Le leadership des Etats-Unis est profondément remis en question. Après huit années de présidence Bush, l’élection de B. Obama est aussi portée par l’espoir de mettre fin à l’hégémonisme et à la militarisation forcenée des relations internationales .
Les défis auxquels l’humanité doit faire face aujourd’hui réclament de l’imagination et beaucoup de solidarité : il n’y aura pas de réponse individuelle ou seulement nationale à la crise de l’environnement, à celle de l’énergie, du mal développement, de la famine et des pandémies, ni aux guerres et aux violences armées qui perdurent dans de nombreuses régions du monde…
Il nous faut trouver des réponses collectives à l’échelle de toute l’humanité.
1. Plus que jamais, agir pour une culture de paix
Afin de relever ces défis, les objectifs et les huit domaines d’actions établis par l’ONU et l’Unesco pour avancer vers une culture de la paix demeurent plus que jamais d’actualité. (RES A/53/L.79, A53/243 et A/52/13). Pour mémoire :
a) Renforcer une culture de paix par l’éducation :Relancer les efforts nationaux et la coopération internationale pour promouvoir les buts de l’éducation pour tous afin de réaliser le développement humain, social et économique et pour promouvoir une culture de la paix, etc.
b) Promouvoir le développement économique et social durable : Prendre des mesures de portée générales, (…) pour éliminer la pauvreté par une action nationale et internationale, y compris la coopération internationale, etc.
c) Promouvoir le respect de tous les droits de l’homme : Encourager l’établissement de plans d’action nationaux pour la promotion et la protection de tous les droits de l’homme ,etc..
d) Assurer l’égalité entre les femmes et les hommes : Intégrer une perspective sexospécifique dans l’application de tous les instruments internationaux pertinents; Renforcer l’application des instruments internationaux qui visent à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes; Favoriser la participation démocratique etc.
e) Favoriser la participation démocratique : Renforcer l’ensemble de mesures pour promouvoir les principes et les pratiques démocratiques (…)Donner une importance particulière aux principes et aux pratiques démocratiques à tous les niveaux de l’éducation formelle, informelle et non formelle, etc.
f) Faire progresser la compréhension, la tolérance et la solidarité (…) : Soutenir les mesures favorables à la compréhension, à la tolérance et à la solidarité dans toute la société, en particulier avec les groupes vulnérables;Soutenir les mesures qui encouragent la tolérance et la solidarité avec les réfugiés et les personnes déplacées, Soutenir les mesures qui favorisent la tolérance et la solidarité avec les migrants ; etc.
g) Mesures pour soutenir la communication participative et la libre circulation de l’information et des connaissances : Soutenir le rôle important des médias dans la promotion d’une culture de la paix;Assurer la liberté de la presse et la liberté de l’information et de la communication, etc.
h) Mesures pour promouvoir la paix et la sécurité internationales Promouvoir le désarmement général et complet soumis à un contrôle international strict et effectif, en tenant compte des priorités établies par l’Organisation des Nations Unies dans le domaine du désarmement;S’inspirer, selon qu’il convient, des leçons qui vont dans le sens d’une culture de la paix tirées des activités de reconversion militaire dont certains pays ont fait l’expérience;Mettre en relief l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable dans toutes les régions du monde; etc.
La diversité des acteurs du champ social se retrouvent dans ces huit domaines d’action et c’est un autre monde qui se dessine,. Dans de nombreux pays depuis 2001, un nombre croissant d’organisations de citoyens mais aussi de collectivités territoriales et d’institutions ont inscrit leurs actions dans le cadre global d’une culture de la paix.
C’est dans cet esprit d’une action globale en faveur de la construction de la paix, autour de valeurs universelles, de la solidarité et du dialogue. Unissons nous pour relancer un véritable mouvement mondial en faveur d’une culture de la paix.
En 2010 prendra fin la Décennie de l’ONU pour promouvoir une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde. Dès à présent nous devons imaginer la suite de ce mouvement mondial pour une culture de la paix.
Pourrions-nous depuis cette conférence appeler les institutions internationales les Etats et la société civile à organiser conjointement une conférence pour « bilan et perspective de la culture de paix » en 2010 ?
Je voudrai juste développer deux points de ce vaste programme : le désarmement nucléaire et la réduction des dépenses militaires
2. Gagner le désarmement ! La prolifération des armes est un fléau pour la survie de l’humanité, pour son économie et pour son environnement. Elle reste encore trop souvent synonyme de sécurité selon le vieil adage « si tu veux la paix prépare la guerre. » Mais en réalité elles préparent les guerres, favorisent les violences et les dominations. La prolifération des armes nucléaires redevient une préoccupation majeure.
Abolir les armes nucléaires :
Le 24 octobre 2008, le secrétaire général de l’ONU M. Ban ki Moon a exhorté les signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), notamment les puissances nucléaires, à remplir leurs obligations en matière de désarmement et à envisager la négociation d’une « convention sur les armes nucléaires, soutenue par un système solide de vérification ». Les puissances nucléaires, a-t-il ajouté, « devraient s’engager activement dans des discussions avec les autres Etats sur cette question à la Conférence de Genève sur le désarmement ». Cette déclaration va dans le sens des prises de positions d’un nombre croissant de personnalités telles que le pape, les anciens secrétaires d’Etat MM Kissinger et Schultz, des élus comme le Parlement européen, ou les milliers de « Maires pour la paix » et des Etats comme la Nouvelle Zélande, le Mexique ou la Suède
Joignons nos forces pour populariser la campagne internationale pour une Convention d‘Abolition des armes nucléaires, dans la perspective de 2010, et la Conférence du Traité de non prolifération.
3. Réduire les dépenses militaires
Il y a 8 ans, les Etats membres de l’Onu s’engageaient pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement pour réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015. Non seulement nos sommes loin d’avoir accompli ces objectifs, amis dans certaines régions du monde, la tendance n’est pas à la réduction de la pauvreté mais à son augmentation. Les dépenses militaires et les moyens scientifiques et technologiques que mobilisent l’industrie militaire constituent un gisement de ressources pour promouvoir le développement et construire la paix. Selon le projet des Objectif du Millénaire , 10% de cette somme permettrait d’atteindre les objectifs du Millénaire soit 121 milliards de dollars par an. Cela permettrait de restaurer le droit à l’eau, à al santé, à l’éducation et tous els droits fondamentaux dont des millions d’êtres humains sont privés.
L’Onu lors d’une conférence historique en 1987, déclarait, conformément à l’article 26 de la Charte :
Les économies réalisée grâce aux mesures de désarmement devraient être réinvesties pour promouvoir le bien-être de tous, améliorer le développement dans les pays en voie de développement et réduire le fossé entre pays riches et pauvres. Et poursuivait : « Le secteur militaire consomme aussi une proportion significative de l’énergie mondiale et détourne des savoirs faire de haute qualité qui pourraient être utiliser dans d’autres secteurs. De plus les productions d’armes en particulier chimique et nucléaire sont une menace à l’environnement
En dépit de nombreuses résolution de l’Assemblée générale de l’Onu, les dépenses ont continué à croître depuis 2001. Il est temps face à la crise et aux souffrances de la pauvreté de réduire les dépenses militaires !
Le Bureau International de la paix vous invite à participer à la campagne qu’il lance en ce sens avec d’autres ONG.
L'UE propose de relancer le désarmement nucléaire
[NDLR : Et pendant ce temps, la France développe le nouveau missile nucléaire M51...]
8 Décembre 2008 -
Reuters Le président Nicolas Sarkozy propose, au nom de l'Union européenne, de relancer le désarmement nucléaire, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon.
Ce plan d'action, proposé à l'initiative de la France, avait été présenté par l'UE dans le cadre d'une commission de l'Assemblée générale de l'Onu et il a été formellement endossé lundi par les ministres des Affaires étrangères des 27, précise la présidence française. Il doit être adopté par le Conseil européen de jeudi et vendredi, ajoute-t-on de même source.
"Nous voulions porter le débat au plus haut niveau pour qu'il ne reste pas encalminé", explique-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat français, président en exercice du Conseil européen jusqu'au 31 décembre prochain.
Alors que la communauté internationale s'interroge sur le programme iranien d'enrichissement d'uranium, l'UE souhaite l'ouverture sans délai et sans conditions préalables de négociations sur l'interdiction de la production de matières fissiles entrant dans la fabrication d'armes atomiques.
En attendant la conclusion de ce traité, le président du Conseil européen propose dans sa lettre datée du 5 décembre un "moratoire immédiat" sur la production de matières fissiles.
Selon Nicolas Sarkozy, les 27 souhaitent également la ratification universelle du traité d'interdiction complète des essais nucléaires et le démantèlement, "dès que possible", de toutes les installations destinées à ces essais nucléaires.
Sont notamment visés la Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Iran, la Corée du Nord, Israël mais aussi la Russie et les Etats-Unis - ces deux pays concentrant plus de 90% des armes nucléaires du monde.
Les Etats-Unis et la Chine n'ont pas ratifié le traité de 1996 sur l'interdiction totale des essais nucléaires, tandis que la Russie a toujours des sites de test opérationnels.
Deux des Etats de l'UE, la France et la Grande-Bretagne, font aussi partie du petit club des puissances nucléaires.
L'Europe est donc particulièrement concernée, écrit Nicolas Sarkozy, qui souligne cependant que l'UE a "déjà beaucoup fait pour le désarmement".
"Consciente que sa sécurité bénéficie également de la poursuite des efforts globaux de désarmement, l'Europe est prête à faire davantage", dit-il. "Notre ambition porte sur toutes les dimensions du désarmement, car nous sommes convaincus de la nécessité d'oeuvrer pour le désarmement général."
OCCASION À SAISIR
L'UE demande aux Etats-Unis et à la Russie de faire des progrès dans les discussions sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires - des discussions pratiquement en panne.
Elle plaide pour "la prise en compte des armes nucléaires tactiques par les États qui en possèdent dans les processus globaux de maîtrise des armements et de désarmement, en vue de leur réduction et de leur élimination".
Les 27 demandent par ailleurs l'ouverture de consultations sur un traité interdisant les missiles sol-sol de portées courte et intermédiaire, écrit le président français, qui souhaite "une mobilisation dans tous les autres domaines du désarmement".
Au-delà du nucléaire, ils appellent de leur voeu une "mobilisation dans tous les autres domaines du désarmement".
Nicolas Sarkozy, qui cèdera la présidence de l'UE à la République tchèque le 31 décembre à minuit, estime que la conférence qui examinera en 2010 la mise en oeuvre du traité de non-prolifération des armes nucléaires est une occasion à saisir pour "progresser vers un monde plus sûr".
Il espère que la communauté internationale rejoindra l'UE pour mettre en oeuvre le plan d'action proposé et souligne que l'Europe compte pour ce faire sur le soutien du secrétaire général de l'Onu. "Je forme donc le voeu que vous puissiez relayer auprès de la communauté internationale, en particulier au sein des Nations Unies, cette initiative en faveur d'un monde plus sûr", conclut le président français.
Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser
Les regrets de George Bush sur la guerre d’Irak
A quelques semaines de la fin de son mandat, le président américain commence à faire le bilan de huit années passées à la Maison Blanche. Avec cette confidence pour le moins surprenante : "je n’étais pas préparé pour la guerre".
Alors que l’un - Obama - ménage ses effets, en dévoilant jour après jour les visages de son futur gouvernement, l’autre - Bush - commence à faire ses cartons. Ou tout du moins à faire le bilan de sa présidence.
George Bush retrouve même une liberté de parole plutôt saisissante... quand il confie qu’il n’était pas préparé pour la guerre en Irak.
Dans un entretien à la chaîne de télévision ABC, il a posément expliqué comment. “Je n’ai pas fait campagne en disant : votez pour moi, je serai capable de faire face à une attaque. En d’autres termes, je n’ai pas anticipé la guerre.” Qui l’aurait pu, cela dit ?
N’empêche, il revient avec franchise sur un sujet autrement plus polémique - les prétendues armes de destruction massive découvertes en Irak, qui avaient conduit à déclarer la guerre au pays, et qui n’existaient pas.
“Le plus grand regret de toute cette présidence consistera dans la défaillance du renseignement en Irak”, dit-il simplement. Mais, à la question de savoir s’il aurait quand même déclaré la guerre à l’Irak s’il avait su qu’il n’y avait pas d’armes, il botte en touche. “C’est une question intéressante. Ce serait revenir sur ce qu’on a fait, et c’est une chose que je ne peux pas faire.”
Et il conclut en soulignant, une nouvelle fois, qu’il n’avait pas été le seul à se fier au renseignement disant que Saddam Hussein avait de telles armes, mais qu’il y avait avec lui beaucoup de dirigeants étrangers ou des parlementaires américains.
Guillaume Gaven, avec agences - Source : France Info - 1er décembre 2008